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    Nassib Lahoud, ministre d’Etat : “La priorité à la réconciliation nationale”

    Interview de Nassib Lahoud, ministre d’Etat, président du Mouvement du Renouveau Démocratique, à l’HEBDO MAGAZINE, publiée le 18 juillet 2008.

    Il est nommé ministre, pour la première fois, en tant que candidat indépendant du 14 mars. Comment envisage-t-il son rôle au sein du nouveau gouvernement ? Quelles vont être ses priorités ? En tant qu’ancien ambassadeur, considère-t-il l’échange diplomatique entre le Liban et la Syrie comme un premier pas vers la consolidation des relations bilatérales dans le cadre du respect, de l’indépendance et de la souveraineté des deux pays ? Sera-t-il candidat aux prochaines élections législatives ? Les forces du 14 mars vont-elles mener la bataille solidairement ou aller chacune de son côté ? Tour d’horizon avec Nassib Lahoud.

    On prétend que vous avez été ministre consensuel pour dissiper les tensions qui régnaient entre les différents pôles, notamment chrétiens, du 14 mars. Qu’y a-t-il de vrai dans ces informations ?
    Je ne connais pas exactement les circonstances qui ont joué en ma faveur, puisque j’étais en voyage au moment des tractations qui ont précédé la formation du Cabinet. Le président Siniora m’a proposé, la veille de la formation du Cabinet, d’en être membre. Je considère que tous mes alliés du 14 mars ont les qualités requises pour nous représenter. Il n’y a pas eu de conflits à proprement parler, mais une simple compétition entre des personnes qui voulaient servir le pays, au sein de ce nouveau gouvernement.

    Pourquoi avez- vous été nommé ministre d’Etat au lieu d’être en charge d’un portefeuille ?
    Le président Fouad Siniora me l’a proposé, mais je considère qu’il vaut mieux pour moi, actuellement, me consacrer aux dossiers politiques qui me tiennent à cœur, en l’occurrence la réconciliation nationale, susceptible d’assurer la stabilité et la prospérité, la correction des relations entre le Liban et la Syrie, le règlement des armes du Hezbollah par le dialogue, la mise en place des conditions nécessaires à la tenue d’élections transparentes et représentatives. J’espère promouvoir ces points en participant à la décision politique au sein du gouvernement.

    Les familles des détenus dans les geôles syriennes ont récemment déclaré qu’elles envisageaient d’avoir recours à un ministre d’Etat pour prendre en charge ce dossier. Seriez-vous prêt à le faire ?
    Il y a plusieurs dossiers qui sont en suspens en ce qui concerne les relations libano-syriennes. Lors de sa visite en France dans le cadre du Sommet de l’union pour la Méditerranée, le président Michel Sleimane à réussi à convaincre le président Bachar el-Assad de la nécessité des échanges diplomatiques entre les deux pays. La question des détenus est d’une extrême importance et doit être réglée de façon imminente et définitive, ainsi que celle des fermes de Chebaa.

    Ce gouvernement sera-t-il réellement celui de l’union nationale ou bien le miroir des conflits qui divisent majorité et opposition ?
    En tant que membre du rassemblement du 14 mars, je peux assurer que nous allons faire preuve d’un esprit de collaboration et d’ouverture pour faciliter le règlement de tous les points litigieux. J’espère que tous les protagonistes sont mûs par le même esprit. Nous comptons sur le comité du dialogue pour faciliter l’interaction entre les différentes parties concernées. Il suffit de respecter les règles démocratiques.

    En tant qu’ancien diplomate (Nassib Lahoud a été ambassadeur du Liban aux Etats-Unis), quel serait l’impact sur le Liban d’un échange diplomatique entre le Liban et la Syrie ?
    C’est une déclaration sans équivoque du respect de la souveraineté et de l’indépendance du Liban. L’échange diplomatique est le moyen adopté par tous les pays pour réglementer leurs relations. Quant à la question du tribunal international, elle doit être placée entre les bonnes mains des Nations unies.

    Certains craignent que l’ambassade syrienne ne se transforme en un second Anjar (l’ancien QG des services des renseignements syriens du temps de la tutelle)…
    J’espère que la Syrie est finalement convaincue de la nécessité d’instaurer des relations respectables avec le Liban.

    Le président de la République a déclaré, depuis la France, que la question des fermes de Chebaa et des collines de Kfarchouba est en voie d’être réglée. Partagez-vous son optimisme ?
    Le président Sleimane a certainement reçu des garanties que ce dossier sera réglé par des voies diplomatiques. Il revient aussi à la Syrie de délimiter ses frontières pour que les territoires qui lui reviennent lui soient rendus et ceux appartenant au Liban lui soient reconnus. Elle doit coopérer avec la communauté internationale dans ce sens.

    Comment évaluez-vous la visite du président de la République en France ? Quel sera son impact sur les relations entre les deux pays ?
    C’est un pas important vers la coopération entre les deux pays et la consolidation des relations entre la France et le Liban. Ceci nous aidera à retrouver, au plus vite, notre vitalité.

    La loi électorale de 1960, décidée à Doha, réussira-t-elle à mélanger les cartes lors des prochaines législatives et à assurer une nouvelle réalité sur le terrain ?
    La loi des années 60 ne répond pas réellement à nos ambitions. En tant que Mouvement du renouveau démocratique, nous avons participé aux travaux de la commission Boutros et avons souhaité que la proportionnelle soit introduite en partie dans la nouvelle loi électorale. Mais il semble qu’actuellement les circonstances ne le permettent pas. Il y a eu consensus autour de la loi de 1960. C’est à partir d’elle que nous allons mener bataille. Nous souhaitons, quand même, que les réformes qui ont été proposées par la commission Boutros soient prises en compte. Il s’agit principalement de baisser l’âge de vote à 18 ans, d’assurer un quota pour les femmes, de limiter les dépenses électorales et d’organiser le temps d’antenne accordé à chaque candidat. Reste à ce que tous les candidats décident que la bataille doit être, certes, compétitive mais pas conflictuelle et respectent les résultats des urnes.

    Les forces du 14 mars sont-elles toujours solidaires ou risque-t-on de voir chacun mener bataille de son côté ?
    Les forces du 14 mars sont plus unies que jamais. Il n’y a pas de scission dans nos rangs, mais juste un dialogue démocratique bénéfique. Je pense que chaque camp, qu’il s’agisse du 14 ou du 8 mars, va mener bataille ensemble. Les idées que nous défendons, en priorité, dans le cadre du 14 mars vont dans un seul sens : celui de l’édification de l’Etat.

    Dans son discours d’investiture, le président Sleimane a demandé que le droit de vote des Libanais vivant à l’étranger soit assuré. Partagez-vous ce point de vue ?
    Je pense qu’il y a un consensus sur ce point, mais il s’agit de mettre en place les moyens techniques pour ce faire. Il est de notre devoir de donner à ces Libanais l’opportunité de participer à la vie politique à travers le droit de vote.

    Vous, qui êtes aussi un homme d’affaires, sentez-vous chez les émigrés une volonté d’investir au Liban, maintenant qu’un président a été élu et un gouvernement formé ?
    Les hommes d’affaires ne s’attendent pas à ce que les choses soient réglées en un clin d’œil, mais ils considèrent que les politiciens doivent s’atteler à régler tous les points de conflits pour qu’avec le temps tout aille pour le mieux.

    Serez-vous candidat aux prochaines élections législatives ?
    Oui.

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