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    « L’Initiative de Beyrouth » en vue d’une charte des droits fondamentaux des Libanais

    Plus que jamais, c’est un puissant sentiment de crainte qui habite aujourd’hui les Libanais, la crainte de voir leur paix civile et leur pacte national à nouveau remis en question, parce qu’une partie d’entre eux menacent de s’en remettre aux armes, les plaçant devant un choix impossible : renoncer à la vérité et la justice… ou subir une nouvelle guerre civile !
    L’État est aujourd’hui incapable d’assumer ses responsabilités et de protéger la société (…). Cette crise interne est d’autant plus grave qu’elle est étroitement liée à la crise de la paix dans la région. Certaines puissances régionales tentent en effet, une nouvelle fois, de prendre le Liban en otage et de l’instrumentaliser au service de leurs intérêts.
    C’est dans ce contexte qu’un certain nombre de personnalités actives dans le domaine public, refusant d’accepter le fait accompli, ont décidé d’associer leurs efforts pour faire face aux dangers qui guettent le Liban et d’initier une mobilisation civile de grande envergure afin de créer un filet de sécurité pour protéger les Libanais de toute réédition des expériences dramatiques qu’ils ont vécues durant les trois dernières décennies.
    Ces personnalités ont décidé de lancer « l’initiative de Beyrouth » qui est un cadre de dialogue et d’action pour parvenir à une « charte nationale des droits fondamentaux des Libanais », des droits qui sont violés depuis des décennies sous différents prétextes confessionnels et idéologiques. Cette charte constituerait un point de départ pour fédérer les efforts de la société et lui permettre de recouvrer son dynamisme.
    Les signataires de cette initiative établiront des contacts pour organiser une rencontre élargie au cours de laquelle la charte sera discutée et adoptée dans sa forme finale, et mettre en place un plan d’action pour former un groupe de pression pouvant imposer à l’État le respect et l’attachement à ces droits fondamentaux.
    La « charte nationale des droits fondamentaux des Libanais » comporte :

    1- Le droit des Libanais de vivre dans un pays qui ne soit pas un champ permanent de bataille au service d’intérêts partisans ou étrangers, un pays où le monopole de la force n’est pas détenu par des partis politiques ou des milices armées sans partenaire, mais par l’État, où la souveraineté de l’État n’est pas limitée par l’existence de ghettos communautaires ou tribaux, où la possession des armes est sanctionnée… Seul l’État, à travers ses institutions constitutionnelles, est autorisé à prendre des décisions qui engagent les citoyens.

    2- Leur droit à être traités sur un pied d’égalité par les autres pays arabes et ne pas être forcés, comme c’est le cas depuis plus de trente ans, d’assumer seuls le poids du conflit israélo-arabe, les trois « pays de la confrontation » ayant conclu des accords de paix avec Israël (Égypte et Jordanie) ou étant en négociation depuis des années pour le faire (la Syrie, qui entretient le calme au Golan depuis 1973).

    3- Leur droit de demander à la communauté internationale d’assumer ses responsabilités en ce qui concerne la défense du Liban, en application des résolutions qu’elle a elle-même adoptées, et de mette fin à la politique des « deux poids, deux mesures » qui a longtemps été la sienne dans le conflit israélo-arabe (…).

    4- Leur droit de vivre dans un pays où l’individu n’est pas réduit à sa seule dimension communautaire, amputé de toutes ses autres appartenances qui font sa richesse, et assimilé, sans même l’avoir voulu, à un groupe dont les choix et les intérêts sont fixés par des forces et des partis politiques qui se sont arrogés, sans même le consulter, le droit de le représenter, et leur droit à poser eux-mêmes les fondements de leur vie commune en fonction des conditions de l’État et non de la communauté.

    5- Leur droit de vivre en paix avec eux-mêmes, en entreprenant un travail de mémoire pour tirer les leçons de la guerre, et à soutenir l’action du Tribunal spécial pour le Liban pour ne pas que leur paix civile soit fondée sur un déni de justice. Or, la justice est la seule garantie de la paix permanente ; la renier porte atteinte au système de valeurs sur lequel repose notre société et pave la voie à de nouvelles guerres.

    6- Leur droit de vivre dans le cadre d’un État de droit où la loi est la même pour tous, indépendamment des convictions des uns et des autres, où la justice est indépendante du pouvoir politique et ne fait pas de distinction entre gouvernants et gouvernés, où les hommes politiques n’ont pas la possibilité de contrôler les ressources publiques pour mobiliser leur électorat, où l’administration n’est pas au service d’intérêts communautaires ou partisans et ne laisse pas de place au clientélisme, où la participation du citoyen à la vie publique est garantie par une loi électorale moderne, une décentralisation administrative…

    7- Leur droit de vivre dans une société moderne et ouverte, respectueuse d’elle-même, où le citoyen peut choisir de n’être plus régi par un statut personnel religieux, mais civil, où la femme n’est plus victime de mesures discriminatoires et peut octroyer la nationalité à ses enfants, où le respect de l’être humain est le même pour les nantis comme pour les démunis, pour les travailleurs libanais comme pour les travailleurs étrangers, où les lois qui régissent les mœurs n’entravent pas la liberté de l’individu, où les enfants, les vieux, les handicapés sont protégés et leurs droits préservés, où les lois imposent le respect de la nature, empêchent les atteintes à l’environnement, préservent le patrimoine historique, protègent la santé des consommateurs…

    8- Leur droit de vivre au sein d’un État qui respecte leur système de valeurs, et d’une société dans laquelle la religion n’est pas instrumentalisée à des fins politiques, pour créer des identités cloisonnées qui justifient l’usage de la violence au nom du sacré ; une société qui condamne la corruption et n’établit aucune différence entre un corrompu et un autre ; une société où règne la solidarité et le sentiment de responsabilité générale au détriment des égoïsmes, individuels ou collectifs ; une société consciente qu’elle est responsable d’un pays qui est le patrimoine des générations à venir.

    9- Leur droit à réunifier les deux réalisations nationales que sont l’indépendance du Liban obtenue en 2005 et la libération du Sud en 2000, au lieu de les placer en position de confrontation, comme c’est le cas aujourd’hui.

    10- Leur droit à être traité sur pied d’égalité par la Syrie et à établir avec elle des relations normales entre deux pays souverains, dans le respect des institutions et sans ingérence dans les affaires internes. Cela constitue un préalable à une réflexion commune sur un nouveau Machrek arabe affranchi des servitudes du siècle passé et des conflits interminables qui l’ont marqués, et libéré de la violence qui l’habite actuellement et hypothèque son avenir, un Machrek capable de recouvrer le rôle d’avant-garde qui a été historiquement le sien durant la période de la Nahda, un Machrek qui pourrait constituer un pôle de renouvellement de l’ensemble du monde arabe.

    11- Leur droit à tourner la page de la guerre avec les réfugiés palestiniens au Liban, à travers une relecture responsable de leur expérience commune, et sur base du droit de l’État libanais à exercer sa souveraineté sur les camps et les groupes palestiniens, et de son devoir d’assurer les droits humanitaires et sociaux aux réfugiés sans aucun genre de troc entre droit souverain et droit humanitaire.

    12- Leur droit de participer à la définition d’une nouvelle vision de l’arabité, libérée de tout contenu visant à l’exploiter au service d’une religion, d’un État ou d’un parti, une arabité moderne qui intégrerait les concepts de diversité, de démocratie, de tolérance, de respect des droits de l’homme, une arabité qui accorderait la priorité au règlement juste de la question palestinienne et au processus de paix dans la région sur base du principe selon lequel il n’y a d’alternative à la paix que la paix.

    13- Leur droit, chrétiens et musulmans, à contribuer, à partir de leur expérience commune, à l’émergence d’un islam modéré face aux régressions de tout genre qui exposent aujourd’hui le monde arabe au danger d’une guerre civile, et à participer ensemble, musulmans et chrétiens, au débat sur l’apport des chrétiens d’Orient dans les efforts en cours pour jeter les bases d’un « nouveau » monde arabe.

    14- Leur droit, enfin, à être fiers de leur riche expérience dans l’exercice de la liberté, de la démocratie et de la convivialité, et à ne pas se soumettre au chantage des démagogies bruyantes qui tentent de minimiser la portée de cette expérience en se fondant sur les crises successives qui l’ont accompagnée. Ce sont ces expériences, avec leurs qualités et leurs défauts, qui ont donné au Liban la place privilégiée qu’il occupe dans le monde arabe et en ont fait un modèle pour tous ceux qui aspirent à vivre la liberté, la diversité et l’ouverture. Elles ont également contribué, et de manière substantielle, à moderniser le concept de l’arabité, en offrant des modèles qui sont l’antithèse des fondamentalismes de la région, à commencer par le fondamentalisme sioniste.

    Les signataires de cette initiative appellent tous ceux qui sont soucieux de défendre les droits fondamentaux des Libanais à collaborer avec eux pour développer le contenu de cette charte ainsi que l’initiative et à signer ce document, pour participer ensemble à la conférence en vue d’adopter la formule définitive de la charte et de mettre en place un plan d’action pour en matérialiser les articles.

    Adresse électronique : beirutinitiative@gmail.com

    Les signataires de « l’initiative de Beyrouth »

    Farid Makari (vice-président de la Chambre), Marwan Hamadé (député), Ibrahim Gemayel (consultant), Ernest Eid (avocat), Alexandre Najjar (avocat), Élias Atallah (ancien député), Samir Frangié (ancien député), Farès Souhaid (ancien député), Émile Najm (médecin), Antoine A. Kiwan (homme d’affaires), Antoine Béchara (ancien président de la CGTL), Antoine Courban (médecin et professeur universitaire), Malek Mroué (éditeur ; membre du Comité exécutif du Renouveau Démocratique), May Chidiac (journaliste), Mona Fayad (professeur universitaire – membre du Renouveau Démocratique), Nadim Abdel Samad (politicien), Nassir Assaad (journaliste), Nawfal Daou (journaliste), Élie Hajj (journaliste), Chawki Azoury (médecin), Ayman Abou Chacra (journaliste), Ayman Charrouf (journaliste), Belinda Ibrahim (journaliste), Ziyad Makhoul (journaliste), Michel Hajji Georgiou (journaliste), Michel Touma (journaliste), Michel Lyane (ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Beyrouth), Michel Mekattaf (politicien), Sami Nader (économiste), Mayla Bakkhache (assistante sociale), Nadim Koteiche (journaliste), Nassim Daher (écrivain et chercheur), Hadi el-Amine (chercheur), Hind Darwiche (journaliste), Émile Bechkanji (gestionnaire), Badya Fahs (journaliste), Bernard Bridi, Berri Assaad (médecin), Bahjat Salamé, Pierre Akl (journaliste), Michel Abou Abdallah (médecin), Jad Yatime (journaliste), Jean Badih Harb (avocat), Jihad Farah (ingénieur), Georges Melhem (consultant), Joumana Nasr (journaliste), Houssam Gergès (médecin), Hussein Kassem (enseignant), Hekmat Eid (avocat), Hanine Ghaddar (journaliste), Khaled Hachem (ingénieur), Raja Noujaim (militant), Raphaël Tabet (médecin), Ramzi Hafez (économiste), Raymond Maalouf (ingénieur), Zahwa Majzoub (professeur universitaire), Ziyad Sayegh (écrivain), Zeina el-Rezz (journaliste), Samer Ayyache (ingénieur), Sami Chamoun (avocat), Saad Kiwan (journaliste), Ahmaed Youssef (enseignant), Salmane Andari (journaliste), Sanaa Jack (journaliste), Simon G. Karam (avocat), Charles Jabbour (journaliste), Chehadé Sacre (homme d’affaires), Chawki Dagher (avocat), Ismaïl Charafeddine (travailleur social), Chérine Abdallah (militante), Sabah Farès (enseignant), Talal Khoja (professeur universitaire), Tony Khawaja, Aziz Karam (syndicaliste), Imad Moussa (journaliste), Omar Harkous (journaliste), Fady Toufic (écrivain et journaliste), Fady Antar (médecin), Philippe Souhaid (médecin), Kamal Zouki (avocat), Kamal Richa (journaliste), Mohammad Chami (journaliste), Mohammad Hussein Chamseddine (écrivain), Mohammad Hamdane (journaliste), Mohammad Machmouchi (journaliste), Tony Habib (ingénieur), Mohammad Farid Matar (avocat), Moustapha Fahs (journaliste), Melkar Khoury (militant des droits de l’homme), Maurice Faddoul (avocat), Miyad Haïdar (avocat), Michel Youssef Khoury (avocat), Nabil Kharrat (médecin), Nazih Darwiche (militant), Nasr Farah (président d’un conseil municipal), Nawal Nasr (journaliste), Wissam el-Amine (journaliste), Youssef Zein (homme d’affaires), Youssef Bazzi (journaliste) et Younès Chibli (médecin).

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