• Home
  • About Us
  • Events
  • Blogging Renewal
  • In the Media
  • Tajaddod Press Room
  • The Library
  •  

    Les jeunes du Renouveau démocratique passent avec succès leur baptême électoral

    Les partisans de la majorité parlementaire ont beau clamer leur victoire aux élections estudiantines de l’AUB et les militants du CPL « promettre de continuer le chemin », il n’en demeure pas moins que les élections estudiantines de l’Université américaine ont fourni une nouvelle preuve du délabrement – si ce n’est de l’inexistence pure et simple – du mouvement estudiantin au Liban. Comme sur tous les campus du pays, les candidats aux élections de l’AUB ont étalé leurs affinités et leurs affiliations partisanes respectives, maquillant ces dernières par quelques timides revendications estudiantines. Quant aux candidats « indépendants », l’expérience montre qu’ils finissent souvent par afficher des étiquettes partisanes ou par se dissoudre dans la foule des partisans d’un camp ou d’un autre.

    Les résultats

    En ce qui concerne les résultats, la majorité et l’opposition ont bien entendu rendu publics des chiffres souvent contradictoires. Les partisans du 14 Mars s’attribuent deux sièges à la faculté de médecine et d’infirmerie contre 5 sièges pour l’opposition et 6 autres pour les « indépendants ». L’opposition a pour sa part annoncé qu’elle a remporté 7 sièges dans cette faculté, contre 4 sièges pour les « indépendants » et un siège orphelin pour la majorité.

    Dans la faculté d’ingénierie, la majorité a annoncé qu’elle a obtenu 8 sièges, alors que le CPL ne lui attribue que 4 sièges, contre 4 autres pour les « indépendants ». Les deux camps s’accordent sur le fait que 13 candidats de l’opposition ont été élus dans cette faculté.

    Dans la faculté des Arts and Sciences, le 14 Mars affirme avoir remporté 15 sièges, et indique que 5 candidats de l’opposition et 6 « indépendants » ont été élus. Pour le CPL, l’opposition y a remporté 7 sièges, contre 14 pour la majorité et 5 pour les « indépendants ».

    Selon les deux camps, la majorité a obtenu 13 sièges à la faculté de gestion et un candidat « indépendant » a été élu. Dans la faculté d’agronomie et de nutrition, 8 partisans du 14 Mars et 3 candidats de l’opposition ont été élus, selon la majorité. Pour l’opposition, les deux camps y ont obtenu 4 sièges chacun, et les « indépendants » 3 sièges. Deux candidats sont ex aequo en troisième année.

    Enfin, dans la faculté de santé, la majorité a obtenu 6 sièges, contre 2 pour l’opposition et un seul pour les « indépendants ».

    Dans les faits, le scrutin s’est déroulé dans une ambiance de calme et de discipline totales, n’eût été l’échange habituel d’accusations entre le front majoritaire et ceux de l’opposition, les partisans du 14 Mars dénonçant « le discours confessionnel » de leurs adversaires et ces derniers déplorant le recours à « l’argent politique » de l’autre côté de la ligne de démarcation politique. Les organisations estudiantines ne sont au final que des répliques miniature de leurs partis respectifs…

    Le baptême électoral du RD

    Mais en dépit de l’enlisement des étudiants dans le bourbier de la politique traditionnelle qui ne fait plus rêver personne, le seul fait marquant des élections estudiantines de l’AUB est que la section jeunesse du Renouveau démocratique, présidé par l’ancien député Nassib Lahoud, a réussi à faire élire 4 de ses 5 candidats, alors que l’organisation participe pour la première fois à la compétition électorale dans les universités. L’organisation a été fondée en mars 2007 et compte plus de 80 membres de toute appartenance régionale et confessionnelle. Les jeunes du RD cherchent à promouvoir « une nouvelle manière de faire de la politique au Liban, à l’abri des clivages confessionnels ». Ils militent pour un État de droit, où la justice sociale ne serait pas antinomique avec le développement économique.

    Si les jeunes du RD ont passé avec succès leur première épreuve électorale, les défis qui les attendent n’en demeurent que plus grands et leur trajectoire politique plus escarpée. Ces jeunes militants doivent en effet prouver qu’ils sont capables de dessiner une nouvelle ligne politique au Liban, sans se dissoudre dans les masses monolithiques des alliances confessionnelles et sans dériver vers le choix d’un chef unique. Ceux qui les ont précédés dans la même aventure se sont cassé les dents sur l’apathie de la chose publique au Liban. Le Mouvement de la Gauche démocratique ou la Haraket el-chaab de l’ancien député Najah Wakim, qui avaient à un moment suscité de nombreux espoirs de « nahda » selon le terme si cher à Samir Kassir, ont ainsi fini par se disloquer et se confiner dans le périmètre d’action de leurs chefs respectifs.

    Le Renouveau démocratique avait réussi à ressusciter l’âme véridique et sincère du 14 Mars lors de la cérémonie au cours de laquelle Nassib Lahoud avait annoncé sa candidature à la présidence de la République. Si seulement les jeunes du RD pouvaient réitérer l’expérience à plus grande échelle et insuffler une âme nouvelle aux rêves du printemps de Beyrouth…

    Mahmoud HARB

    Leave a Reply