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    Place des Martyrs, la société civile dit non à la violence

    Dans la vague d’incertitudes qui remue le pays, un appel a retenti hier, place des Martyrs. Celui de quelque 150 jeunes de la société civile, venus exprimer le rejet de la guerre. Pour eux, la constante réelle, qui ne supporte aucun compromis, est celle qui réfute l’option de la violence dans l’exercice politique. « Il y a une sorte de ligne rouge que tous doivent garder en tête : nous n’avons pas le droit de tuer pour asseoir notre opinion propre », déclare Myriam Mhanna, jeune avocate. Pour elle, cette formule simple devrait suffire pour contrebalancer la complexité du terrain libanais, commandé d’abord par « les peurs illusoires de l’autre ».

    Toutefois, le contraste était saillant hier entre le sit-in pacifiste et le tumulte de la scène politique,et entre l’appel simple à « un non-retour à 1975 » et les multiples péripéties qui fragilisent depuis une semaine la paix civile. Presque un écart avec la réalité du terrain, qui risque d’ôter à cette manifestation son utilité. Sur ce point, Mario Ghorayeb, juriste et co-organisateur de cet événement, explique qu’il s’agit d’une « initiative spontanée née sur le réseau Facebook depuis deux jours ». « Notre but n’est pas de changer la situation, mais de marquer la présence de ceux qui contestent l’état de violence actuel », explique-t-il. Il reconnaît d’ailleurs que « le changement ne peut advenir sans une coopération entre la société civile et les partis politiques, en faveur d’une démocratie qui ne se limite pas à des slogans ».

    Cette coopération est valorisée par Nadim Lahoud, membre de la branche jeunesse du Renouveau démocratique. « Il est temps de changer de rhétorique pour calmer les rues, d’exprimer nos désaccords politiques en utilisant des méthodes pacifiques », affirme-t-il.

    Mais cela nécessiterait des démarches concrètes, qui semblaient absentes hier du sit-in. Mario Ghorayeb précise sur ce point que « c’est un appel que nous lançons ici à qui voudrait poursuivre cette initiative pour la paix ». 

    Pour Élia el-Khazen, spécialiste en communication, « même si à mon avis la guerre n’est pas imminente, les Libanais doivent réaliser qu’ils détiennent un droit de vote », ultime mode d’expression.

    Un pilier du changement enfin, le travail de la mémoire, dont certains anciens combattants de la guerre civile, ayant pris part au sit-in, tentent de stimuler.

    Sandra NOUJAIM
    L’Orient-Le Jour
    22.05.2012

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