• Home
  • About Us
  • Events
  • Blogging Renewal
  • In the Media
  • Tajaddod Press Room
  • The Library
  •  

    Le grand prince

    Antoine de Saint-Exupéry a le sien, nous avons le nôtre. Le Grand Prince vient lui aussi d’une autre galaxie : d’un lieu où la noblesse règne en maitresse absolue. Issu d’une planète lointaine sur laquelle les valeurs éthiques sont pétries d’idéalisme. Où les règles de bienséance et de courtoisie sont reines. Le Grand Prince s’est vu transporté- avec son bagage immaculé- dans un monde où la perversion fait rage. Mais il était doté d’une mission en laquelle il croyait éperdument : celle de convertir tous les autres à sa noble cause.

    Bien sûr qu’il était loin de se douter que sa transparence serait opaque à ceux qui ne voyaient en lui qu’un homme en lice parmi tant d’autres dans l’impitoyable arène de la scène politique. Le Grand Prince donnait souvent l’impression d’être ailleurs, figé, altier. On lui reprochait son intransigeance, voire son manque de souplesse. En effet : comment demander à un homme qui place la barre si haut de faire des compromis ? On peut affirmer sans exagérer que Le Grand Prince s’est retrouvé parachuté par accident auprès des plus communs des mortels. Ceux qui ne comprendront jamais rien à son langage épuré, à ses mots clairs comme une source vive, à ses propos sans ambiguïté. Demander aux adeptes du double-langage et des messages paradoxaux d’adhérer avec autant de simplicité à un discours qui porte des promesses, des vraies, alors qu’ils sont les rois des compromissions et des demi-mesures relève de l’utopie.

    Mais Le Grand Prince – fort de ses principes forgés dans les plus hautes sphères de l’univers – a voulu tenter l’aventure. Celle qui le conduira à la souffrance de l’incompris, de celui qui est autre : un être qui déborde d’un cadre classique et stéréotypé. Le Grand Prince a longtemps espéré se faire entendre, se faire comprendre. Et fort de ce qui lui a été inculqué, il s’est très vite démarqué de ceux qui rêvaient de l’emmener faire de bien sombres détours sur des chemins tortueux, lui qui privilégiait les grandes avenues ensoleillées. Il avait, dans ses ressources personnelles, des leçons de vie à distribuer à la terre entière en particulier lorsque la maladie est venue frapper à sa porte, le mettre à l’épreuve et nous priver de lui. Il s’était discrètement éloigné pour se faire soigner à l’étranger.

    Et puis la bonne nouvelle s’était répandue comme une trainée de poudre : il rentrait enfin chez lui victorieux sur ce mal pernicieux ! Grande fut la joie de ses nombreux fans qui caressaient –avec lui- le rêve d’un mandat présidentiel qui aurait réussit le prodige de transformer une république bananière en un État digne de ce nom. Mais l’espoir fut de courte durée. Pour tout le monde. L’ennemi que l’on pensait vaincu a refait surface et a court-circuité à la fois le rêve et l’homme, comme dans les pires scénarios de série noire. Et c’est ainsi qu’il s’en est allé un jour, à l’aube, retrouver sa belle galaxie. Le Grand Prince déçu n’a pas été pour autant déchu. Comme celui de Saint-Exupéry, il s’est laissé mordre par le serpent du désert pour aller régner dans un ailleurs digne de lui. Dans une blanche éternité qui lui ressemble. Et qui le mérite.

    Il était une fois Le Grand Prince …
    Il était une fois le Président de nos rêves …
    Il était une fois Nassib Lahoud …

    Belinda IBRAHIM
    Femme Magazine
    07.03.2012

    Leave a Reply