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    Aux grands hommes…

    Il me vient à l’esprit cet article de Ghassan Tuéni à la mort de Camille Chamoun, intitulé « Quand l’histoire se meurt »…
    Nassib Lahoud était un grand, de ceux qui font l’histoire, de ceux qui ne courbent pas l’échine, de ceux qui ne plient pas. De la trempe des pères fondateurs.
    Il aura été le héros d’une génération, la mienne, qui a grandi durant la guerre et qui n’a pas connu l’indépendance, cette génération qui regardait vers les grands du passé pour se trouver une identité. Nassib Lahoud nous l’aura rendue.
    Lorsque le navire coulait, il a été le capitaine qui entretenait la flamme de l’espoir, le guide dont l’optimisme quant à l’avenir inquiétait presque tant il en était certain. Il misait sur les jeunes, il ne s’est pas trompé. Il aura été au rendez-vous du début de la reconstruction du Liban, montrant la voie d’une vie politique démocratique, donnant l’exemple d’un homme qui n’a jamais mêlé affaires et politique. Le modèle de la république irréprochable, incorruptible jusqu’au bout. 
    Tous, nous rêvions de lui président du Liban ; tous nous répondions comme un seul homme à cette question qui revient tous les 6 (9…) ans : oui, Nassib Lahoud était le président dont ce pays a besoin.
    L’histoire retiendra qu’à une époque où beaucoup avaient capitulé et tous avaient accepté le fait accompli de l’occupation syrienne, Nassib Lahoud aura été cet homme d’État du Liban d’après-guerre qui n’a jamais accepté le compromis sur les principes, le seul député debout dans la tempête à s’être élevé trois fois contre la violation de la Constitution.
    Il aura gardé sa dignité dans les échecs, lorsque tous criaient au scandale, martelant son respect pour la démocratie, et son élégance et son courage dans l’adversité quand il dut mener son dernier combat.
    Il n’y a pas de mots pour exprimer la tristesse ressentie à l’annonce de son départ. Il nous a quittés avec sa discrétion légendaire, laissant un trou béant dans la vie de ce pays, dans nos vies, dans nos aspirations.
    Avec Nassib Lahoud qui s’en va, c’est une certaine idée du Liban d’après-guerre, de cette éternelle tentative de reconstruction, de cette espérance jamais asséchée, qui nous quitte.
    Tu nous manques déjà, Nassib, mais tes idéaux te survivront dans nos cœurs, et, nous te le promettons, dans l’édification du Liban de demain.
    À un grand homme, une génération reconnaissante.

    Nabil ABOU-CHARAF
    L’Orient-Le Jour
    07.02.2012

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