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    Le Prince des Nuées

    C’est un homme d’une élégance rare.
    La carrure est imposante, la stature tout autant.
    L’accolade, ou la poignée de main – c’est selon – est, elle, paradoxale. L’attitude est tout à fait cordiale, chaleureuse même, mais l’élan est toujours retenu par une pudeur authentique, ontologique. Il en est ainsi du visage aussi : toujours sérieux, parfois même grave, selon les circonstances, mais toujours bienveillant, souriant, et souvent, même dans l’épreuve de la maladie, rayonnant. La main, elle, est dissimulée dans la poche, à l’abri des regards. Mais ce qui pourrait passer pour une anomalie, un véritable handicap, surtout pour un personnage public de premier plan, s’impose presque – et c’est dire tout le magnétisme exercé par le personnage – comme le signe d’une grande noblesse, spontanée, naturelle, pure.
    Et puis il y a le contact vocal. Car ce qui vous pénètre d’emblée, c’est le timbre de la voix, profond, venu du plus profond de l’être. Et puis tout s’efface. Car cette voix, elle, est royale. Présidentielle. Posé, toujours bien dosé, juste ce qu’il faut, au millimètre près, le discours ne connaît aucune errance, si peu dans la forme, et jamais, mais alors jamais, dans le fond : pas d’envolées lyriques, pas de littérature indigeste, pas de promesses creuses, mais toujours de la justesse, de la mesure, le rêve d’une politique qui rimerait encore, malgré tout, avec éthique.

    Impeccable.
    La quasi-perfection.
    La majesté des aigles, toujours, en toutes circonstances, qui plus est dans les écuries d’Augias, celle des vautours bouseux et/ou serviles de la politicaillerie provinciale locale.
    Dieu, comme Nassib Lahoud va nous manquer.
    Et, surtout, combien en reste-t-il encore, comme lui ? Si peu. Bien trop peu. Ceux-là mêmes qui, pour de petits calculs électoraux mesquins, sont sacrifiés, moralement assassinés à chaque échéance électorale, au nom d’une cause prétendument sacrée, d’une victoire illusoire et indigne ; ceux-là mêmes qui continuent encore, envers et contre tout et tous, de donner du sens à la politique.
    Dieu, comme Nassib Lahoud nous manque déjà.
    Qu’à cela ne tienne ; à bientôt, Monsieur le Président. Là où vous êtes, au moins, la reconnaissance et la gratitude sont éternelles. 

    Michel HAJJI GEORGIOU
    L’Orient-Le Jour
    06.02.2012

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