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    Sit-in de solidarité avec le peuple syrien, place Samir Kassir : la chute du régime est « inévitable »

    Un important rassemblement de solidarité avec le peuple syrien, au centre-ville, a réclamé l’expulsion de l’ambassadeur syrien et la protection des réfugiés ; Farès Souhaid estime que le régime de Damas « n’est pas viable » et Marwan Hamadé dénonce la thèse de l’alliance des minorités.

    « La Syrie écrit, rêve, dessine et palpite… » : ces paroles sont celles d’une chanson qui passait et repassait hier, dans les jardins Samir Kassir à Beyrouth, tandis qu’affluaient des figures politiques et de la société civile pour exprimer leur solidarité avec le peuple syrien. Se mêlant aux rais d’un soleil vivace avant de finir, enfouie comme un écho éternel, dans la paume ouverte de Samir Kassir, cette chanson retransmet tout l’humanisme des printemps de Beyrouth et de Damas, qui forment désormais une dyade dans la lutte pour la liberté.
    Le sit-in, organisé par le rassemblement des « Libanais pour la liberté et la dignité du peuple syrien », s’est ouvert sur une minute de silence en hommage aux martyrs des soulèvements de Damas, alors que montaient en crescendo, à quelques mètres plus loin, les résonances caverneuses de la contre-manifestation, en soutien au président Bachar el-Assad. C’est alors que Ahmad Moussa, jeune militant syrien, membre du comité de coordination de la révolte, a pris la parole, avec un sourire serein. « En ce lieu de refuge pour les hommes de liberté et de pensée, ce lieu que nous avons rêvé d’atteindre, je déclare que nous, Syriens, salafistes, Frères, sophistes, laïcs, libéraux, musulmans, chrétiens, alaouites, druzes et ismaélites, sommes unis, et nous tendons la main aux Libanais qui ont longtemps souffert du régime de Damas », a-t-il affirmé. Ainsi, c’est « l’injustice qui nous a unis, à une époque noire dans les relations bilatérales », a-t-il ajouté, déclarant que « nous sommes fiers d’avoir un pays frère entièrement souverain ». Lui faisant écho, le modérateur a subtilement signalé « notre espoir de voir s’accomplir en Syrie ce que la révolution du Cèdre n’a pu offrir ».

    Pour l’expulsion de l’ambassadeur de Damas
    C’est dans ce contexte que Saleh Machnouk a pris la parole, au nom des « Libanais pour la liberté des Syriens », dont il est cofondateur, pour exprimer clairement « les revendications » du rassemblement. « Nous demandons d’abord l’expulsion de l’ambassadeur du régime syrien de Beyrouth, après la preuve de son implication dans la capture et la remise de civils en territoire libanais à la criminalité de Damas, ainsi que son soutien aux shabbiha qui continuent de s’attaquer aux personnes solidaires du peuple syrien », a affirmé M. Machnouk. Exprimant ensuite « notre refus des intimidations que pratiquent les services libanais contre les militants syriens », il a catégoriquement refusé que « le Liban soit, au sein des Nations unies, et au nom des Libanais et des Arabes, complice du crime prolongé contre le peuple syrien ». Enfin, appuyant entièrement « les demandes d’une protection internationale immédiate pour les civils syriens », M. Machnouk a appelé les leaders arabes à « prendre une position historique en assurant cette demande au peuple syrien ». Enfin, il a insisté sur la nécessité de créer des camps pour les réfugiés syriens au Liban, qui leur assureraient la sécurité et la dignité, avant d’appeler les associations pour les droits de l’homme à « déployer tous leurs moyens pour soutenir ces réfugiés lésés ».
    Lors de la première rencontre similaire que le rassemblement avait organisée il y a près de deux mois dans un hangar à Sin el-Fil, faute d’établissement prêt à l’accueillir, les revendications, toujours sur fond politique d’appui inconditionnel aux soulèvements, s’étaient centrées sur les moyens d’améliorer la situation des réfugiés. « Nous adressons des appels continus aux associations qui peuvent contribuer à les aider. Certaines associations caritatives ont d’ailleurs pris part au sit-in », explique Mohammad Chreyteh à L’Orient-Le Jour.

    Damas, un régime « en perdition »
    Lui-même cofondateur du rassemblement de solidarité avec un groupe de jeunes engagés de la société civile, il explique que cette solidarité est « à la fois humanitaire et politique ».
    D’ailleurs, plusieurs figures politiques et médiatiques se sont exprimées lors du rassemblement.
    Le plus important dans toute cette mouvance de solidarité est de garder en tête que « l’échec du printemps arabe signifierait le retour du Liban à la période de la tutelle », souligne le député du bloc du Futur Ahmad Fatfat. Pour sa part, venu exprimer sa solidarité avec « les libertés et la démocratie pour lesquelles les Syriens luttent vaillamment », le Amid du Bloc national Carlos Eddé a appelé « les Libanais adeptes de la violence et de la dictature à tirer des leçons des expériences avoisinantes ». Pour le secrétaire général de la Gauche démocratique, l’ancein député Élias Atallah, « le régime qui tue la force de son peuple est un régime en perdition ». C’est d’ailleurs sur « la chute inévitable du régime de Damas que les intervenants se sont accordés », explique à L’OLJ le coordinateur général des forces du 14 Mars Farès Souhaid. « Ce n’est pas un régime viable », souligne-t-il, rappelant les préjudices qu’il a portés aux relations libano-syriennes.

    De la défense des minorités
    De son côté, le député du bloc du Futur Amin Wehbé a dénoncé « la répression qu’exercent les dictatures arabes », celles-ci devenant ainsi « les alliés effectifs de l’ennemi israélien ».
    Le député du même bloc, Khaled Daher, exprime toute sa « fierté de se tenir aux côtés des martyrs, morts et vivants, qui luttent pour la liberté ». Les deux martyrs vivants de la révolution du Cèdre, le député Marwan Hamadé et la journaliste May Chidiac, n’ont d’ailleurs pas manqué d’être présents au rassemblement. « Nous nous opposons à l’alliance des minorités (en faveur du régime), qui signent en fait leur propre mort », a averti M. Hamadé. Renchérissant sur ce point, Mme Chidiac a déclaré fermement : « Je suis chrétienne de cet Orient où le Christ est né. Je suis chrétienne maronite et je considère que le régime de Damas a attenté aux droits de tous les Libanais, et surtout des chrétiens » (…). « C’est pourquoi je suis contre le maintien du régime et contre toute autorité qui le défend au nom de la protection de quelque minorité », a-t-elle déclaré dans une allusion à peine voilée aux dernières positions du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï.
    « La seule garantie des minorités dans toute société reste un régime démocratique libre », conclut le secrétaire général du Renouveau démocratique, Antoine Haddad, dans une déclaration à L’OLJ, vers la fin du sit-in, alors que les chaises se vidaient et que le tumulte de la contre-manifestation progressait de façon menaçante.

    Sandra NOUJEIM
    L’Orient-Le Jour
    09.09.2011

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