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    Les élections au Liban et dans la région déterminantes pour la guerre ou la paix

    Il semble que le sondage de tajaddod-youth.com sur l’influence des prochaines élections dans la région ait inspiré le journaliste Emile Khoury.

    Le président de la République, Michel Sleiman, tient aux séances de dialogue national, même si ce dialogue ne débouche pas sur des progrès tangibles entre les protagonistes.
    Selon des visiteurs du palais de Baabda, le chef de l’État souligne en effet que ces séances ont au moins l’avantage certain de préserver le climat d’accalmie politique dans le pays et cela est d’autant plus nécessaire que nous sommes aux portes d’une bataille électorale.
    Ainsi, il vaut mieux maintenir ces occasions de rencontres, même de manière espacée, entre les chefs de file, que de les supprimer, auquel cas on assisterait à une aggravation des tensions.
    Pour ce qui est du contenu du débat, c’est-à-dire les discussions en vue d’un accord sur une stratégie défensive, le raisonnement part du même principe. Si aucun progrès n’est réalisé d’ici à la date des législatives, prévues en juin prochain, les résultats du scrutin pourraient trancher la question dans un sens ou dans l’autre. Tout comme elle pourrait être tranchée par les développements politiques au niveau de la région.

    Pour le moment, il est clair que ni le Hezbollah, ni les organisations palestiniennes radicales ne veulent entendre parler d’un démantèlement de leurs arsenaux. Plusieurs responsables du Hezbollah et de ces organisations l’ont clairement signifié. Certains parmi eux ont lié ce désarmement à la mise en place d’un État « fort » et « juste », d’autres à la libération des territoires libanais, voire arabes, occupés et d’autres enfin – les plus extrémistes – à l’anéantissement de l’État d’Israël, un objectif affiché par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
    Des sources diplomatiques estiment toutefois que tous ces slogans deviendraient caducs en cas d’accord sur une paix juste et globale mettant fin au conflit arabo-israélien, et en particulier palestino-israélien, même si un tel accord ne satisfaisait pas l’Iran, qui cherche à imposer ses vues au sujet de son dossier nucléaire, nécessaire pour asseoir son influence décisive dans la région.
    C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Téhéran hausse les enchères et réclame carrément la disparition de l’État d’Israël, dans l’espoir de rendre impossible tout accord de paix entre les Arabes et Israël, d’une part, et, d’autre part, de faire comprendre à l’Occident, et en particulier aux États-Unis, que la solution du problème des armes du Hezbollah et des organisations radicales se trouve uniquement en Iran.
    Car c’est de là que proviennent ces armes, leur financement et les ordres d’utilisation.
    Ainsi donc, l’Iran et, à ses côtés, la Syrie (quoique moins radicale dans ses positions) refusent d’arrêter d’approvisionner le Hezbollah et les organisations radicales tant qu’il n’y a pas d’accord sur le dossier nucléaire. La guerre de juillet 2006 n’a pas empêché la poursuite de cet approvisionnement, en violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et, de même, la guerre de Gaza n’empêchera pas la continuation de la collaboration entre Téhéran et le Hamas.
    D’ailleurs, la République islamique sait bien que tant que le Hamas, armé et financé par elle, refusera de reconnaître l’État d’Israël et réclamera son anéantissement, tout accord de paix palestino-israélien sera impossible à atteindre. Peu lui chaut que la population palestinienne paie le prix de cette politique en guerres meurtrières et destructrices, tant qu’Israël ne parvient pas à remporter des victoires décisives.

    Cela étant dit, ce sont les quatre rendez-vous électoraux de cette année dans la région qui détermineront la suite des événements. D’abord en Israël, dont l’orientation sera très différente selon que le scrutin sera remporté par Benjamin Netanyahu, Ehud Barak ou Tzipi Livni.
    En Palestine, une victoire du Fateh rendrait probable un accord de paix avec l’État hébreu, tandis qu’une reconduction du Hamas nuirait à ces espoirs.
    En Iran même, l’élection présidentielle sera décisive selon que M. Ahmadinejad sera réélu ou si un candidat modéré lui succède.
    Enfin, au Liban, les résultats des élections ne sont peut-être pas moins importants. Une victoire du 8 Mars changerait la donne, dans la mesure où le pouvoir serait détenu par ceux qui détiennent les armes. En cas de reconduction de la majorité actuelle (14 Mars), l’opposition continuerait à agir comme elle l’a fait ces dernières années.
    Mais c’est surtout le bloc centriste qui semble effrayer la minorité actuelle et ses parrains car son émergence en tant que force d’appoint (au cas où il n’y aurait pas de majorité absolue pour l’un des deux camps en présence) rendrait plus étroite leur marge de manœuvre pour susciter des crises dans le pays. Ce qui explique la férocité de la campagne menée dans ces rangs contre la naissance d’un tel bloc.

    Emile KHOURY
    L’Orient-Le Jour
    29.01.2009

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