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    Une Politique européenne de voisinage renouvelée, en attendant l’engagement réel du gouvernement

    L’ambassadrice Angelina Eichhorst révèle un renouvellement de la Politique européenne de voisinage dans le contexte du printemps arabe. L’heure est pour que le gouvernement fasse ses preuves en matière des réformes institutionnelles et socio-économiques prévues par la PEV et respecte ses engagements internationaux.

    La Politique européenne de voisinage (PEV) que mène l’Union européenne depuis son élargissement, le 1er mai 2004, fait écho cette année aux « événements sans précédent qui secouent la région arabe et qui nous ont fourni l’opportunité de réviser notre politique », a déclaré hier la chef de la délégation de l’UE au Liban, l’ambassadrice Angelina Eichhorst, à l’issue de sa réunion avec les ambassadeurs des pays de l’UE dans les locaux de la délégation à Beyrouth. L’enjeu de cette « approche compréhensive que nous appelons politique de voisinage » est plus que jamais celui d’une « démocratie solide et profonde », a affirmé Mme Eichhorst. Ce renouvellement « ambitieux » de la PEV, mis au point au sein de l’UE en mai, s’est traduit dans l’augmentation des financements jusqu’à la somme de 1,24 milliard d’euros pour tout le voisinage, à l’est et au sud de l’Europe. Cette somme devra s’ajouter aux 5,7 milliards d’euros « déjà prévus pour la période 2011-2013, afin de soutenir, à leur rythme, les pays partenaires dans les réformes politiques et économiques qu’ils veulent entreprendre ». S’agissant du Liban, pour lequel « notre soutien en la matière n’est pas nouveau, nous continuerons de travailler avec tous les acteurs concernés en faveur de l’indépendance de la justice, ainsi que des réformes électorale, pénitentiaire et administrative », a-t-elle souligné.

    La société civile, pilier du développement solide

    Ce soutien à la gouvernance démocratique et la sécurité est relayé par le soutien à la société civile « particulièrement florissante », a insisté hier l’ambassadrice. 15 millions d’euros sont actuellement déboursés à 27 organisations non gouvernementales, mais « celles-ci se comptent par milliers au Liban et nous aimerions élargir notre collaboration avec ces acteurs de la réforme », a affirmé Mme Eichhorst. Dans ce contexte, l’ambassadrice a fait part d’une « structure nouvellement aménagée par l’UE pour appuyer la société civile aux niveaux local et régional ».
    Par ailleurs, la coopération économique incluse dans le partenariat libano-européen se focalisera cette année sur la création d’emplois, a insisté Mme Eichhorst, répétant le terme « emplois » trois fois de suite pour en marquer l’importance. À cette fin, l’ambassadrice a évoqué « le financement de crédits permettant la création d’emplois en zones rurales ». L’UE encouragera en outre la création de petites et moyennes entreprises, qui sont de « forts conducteurs pour l’économie ». Une autre priorité sera donnée pour les régions défavorisées, notamment les régions rurales, « où doit se centrer notre enjeu de réduire les inégalités sociales », a-t-elle expliqué. En effet, l’UE prévoit d’intensifier la coopération « en faveur d’un développement économique qui profite à tous les Libanais », a souligné l’ambassadrice, évoquant à titre d’exemple « le soutien aux incubateurs d’entreprises et l’appui à la décentralisation en partenariat avec les municipalités ». Elle a rappelé le soutien par l’UE de l’adhésion éventuelle du Liban à l’Organisation mondiale du commerce, dans le cadre de l’abattement des frontières, l’ouverture des marchés et la mobilité de circulation que l’Europe veut entretenir avec ses voisins.

    « Nous aimerions que le Liban fasse plus… »

    Le soutien en faveur d’un développement durable ne saurait aboutir sans une coopération effective du pays bénéficiaire. « Le Liban doit démontrer qu’il mène les réformes avec sérieux », a insisté Mme Eichhorst. En effet, si la politique de voisinage est « différenciée (selon) les besoins, les capacités et les objectifs des voisins qui en bénéficient (…), l’UE apporte un soutien tout particulier aux partenaires engagés dans la construction d’une démocratie solide. Ceux qui progressent plus recevront plus, et nous aimerions sentir plus de progrès au niveau du Liban », a affirmé clairement l’ambassadrice. À l’heure actuelle, c’est le nouveau gouvernement qui devra faire preuve d’engagement, non seulement pour bénéficier d’une aide européenne accrue, mais déjà pour la maintenir.
    À la question de savoir si la politique du gouvernement à l’égard du Tribunal spécial pour le Liban risque de mettre un terme à ce partenariat, Mme Eichhorst a rappelé le souhait ferme exprimé par les ambassadeurs des pays de l’UE au Premier ministre Nagib Mikati de respecter les engagements du Liban par rapport au TSL. « Nous accueillons la formation du gouvernement, avec lequel notre coopération procédera pas à pas », a-t-elle ajouté, sans écarter la possibilité de suspendre la PEV au Liban si les décisions du TSL ne sont pas appliquées. Reste que la clause insérée dans la déclaration ministérielle et « qui stipule clairement la coopération du Liban avec l’Union européenne (nourrit) l’espoir qu’a celle-ci de préserver sa politique ». En somme, « l’établissement et la consolidation de la démocratie et de l’État de droit » mentionnés par la représentante de l’UE se déverseront dans l’intérêt du pays…pourvu qu’ils traversent le filtre pernicieux de l’étroite politique.

    Bilan médiocre de l’engagement du Liban

    L’initiation de la PEV s’est concrétisée par l’entrée en vigueur de l’accord d’association établi conjointement entre l’UE et le Liban, et approuvé en 2007. La contribution accordée au Liban par l’Instrument européen de voisinage et de partenariat a été fixée à 187 millions d’euros pour la période de 2007-2010. En 2010, le rapport d’avancement de la PEV (« La paralysie politique entrave toute réforme » ) a critiqué de façon acerbe les conjonctures politiques dégradantes, notamment la suspension des activités parlementaires et gouvernementales. « En raison de l’impasse politique, le Parlement libanais n’a pas pu adopter de nombreuses lois jugées vitales pour la mise en œuvre du plan d’action de la PEV », selon le rapport, qui insiste sur l’extrême « lenteur » dans l’adoption des réformes politiques, économiques et sociales depuis 2009. Par exemple, dans le domaine du transport, les négociations entamées en 2009 sur un accord euro-méditerranéen global dans le domaine de l’aviation se sont trouvées bloquées. De plus, la participation du Liban au 7e programme-cadre pour le financement des projets de recherches en matière de technologie et d’innovation demeurait restreinte. Au niveau économique, « la progression des réformes structurelles a été plutôt limitée », même si, eu égard à la crise mondiale, l’économie libanaise était performante. Pour la période 2011-2013, un programme indicatif national prévoit, en plus du soutien aux réformes politiques, des interventions socio-économiques pour le développement du secteur privé, l’éducation, l’environnement, l’agriculture et l’énergie. Le programme prévoit également une participation au déminage, dont l’UE est devenue le donateur le plus important, ainsi qu’un mode de soutien aux réfugiés palestiniens, en vue de redynamiser l’économie. Le prochain bilan sera-t-il plus encourageant, maintenant que le Liban dispose d’un certain gouvernement plus ou moins monochrome ?

    Sandra NOUJEIM
    L’Orient-Le Jour
    06.07.2011

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