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    Le mariage civil, un business qui ne profite pas à l’État

    Un nombre croissant de couples libanais choisissent chaque année de s’unir civilement – parfois pour des raisons purement économiques et non seulement confessionnelles. Pour ce qui est de l’île de Chypre, destination de choix pour beaucoup de futurs mariés, des millions de dollars sont dépensés chaque année en visas, formalités, voyages et cérémonies. Une manne qui ne profite malheureusement pas à l’État…

    Les unions religieuses étant la seule option existant à ce jour au Liban, mais le mariage civil y étant tout de même reconnu par l’État, un certain nombre de couples libanais choisissent chaque année de se marier civilement à l’étranger.

    Située à moins d’une heure d’avion du Liban, l’île de Chypre constitue, de par sa proximité géographique, une destination touristique privilégiée. Quelque 20 664 Libanais s’y sont ainsi rendus en 2010, arrivant largement en tête du classement des touristes arabes ayant visité l’île d’Aphrodite, selon les données du service statistique de Chypre.

    Bouquet nuptial en prime
    Sur ce nombre total de visiteurs libanais, quelque 400 couples en ont profité l’an dernier pour s’unir civilement, selon les chiffres communiqués à L’Orient-Le Jour par l’ambassade de Chypre au Liban, qui indique s’attendre au double en 2011.

    Un engouement que constate également le directeur de l’agence de voyages Nadia Travel, Guenady Ragi, qui propose un package (explicitement) intitulé « Civil Marriage in Cyprus ». « La demande est nettement croissante », constate-t-il. Et pour cause.

    Mis à part le fait que l’aller-retour à Chypre, cérémonie comprise, ne prend qu’une journée, « l’agence se charge de toutes les formalités contraignantes en un temps record », indique M. Ragi, qui affirme que quelque 300 couples ont chaque année recours aux services de l’agence. À raison d’environ 1 000 dollars par personne, toutes charges comprises, Nadia Travel se charge de l’ensemble des formalités administratives auprès des autorités chypriotes et libanaises, du transport aller-retour, du séjour, de la cérémonie, voire de fournir des témoins. Même le bouquet nuptial est compris !

    Un mariage nettement moins onéreux que les noces traditionnelles, qui nécessitent souvent des dépenses importantes pour un jeune couple.

    Même si la raison principale motivant les démarches en vue d’un mariage civil demeure d’abord et surtout confessionnelle, les unions mixtes n’étant pas toujours regardées d’un bon œil au Liban, il semblerait que des motivations d’ordre économique ou personnel aient de ce fait poussé plusieurs couples de la même confession à faire le voyage.

    « Nous avons décidé, il y a deux ans, de nous marier à Chypre, alors que nous sommes de la même confession, parce que nous ne voulions pas être contraints de gaspiller de l’argent en festivités et autres zaffés que nous n’apprécions guère. Une cérémonie simple en présence de nos proches et amis intimes (…) voilà ce que nous recherchions », témoigne ainsi une jeune cadre.

    Plusieurs millions de dollars qui auraient pu profiter à l’État ?
    En prenant en compte les estimations précitées, les prix moyens des formules « tout compris » – en ce qui concerne Chypre –, les dépenses supplémentaires, sans compter les proches, les amis et les témoins, les mariages à l’étranger représentent sans aucun doute une affaire de plusieurs millions de dollars. Deux millions de dollars au plus bas mot devraient être dépensés cette année à Chypre par ces couples qui ont préféré s’unir devant le maire. N’aurait-il pas été plus utile que cet argent profite à l’État libanais ?

    Quoi qu’il en soit, le mariage civil est choisi par près de 1 000 Libanais chaque année et semble gagner en popularité… alors que le Trésor déplore des caisses vides et cherche par tous les moyens à les renflouer.

    Dalal MEDAWAR
    L’Orient-Le Jour
    21.06.2011

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