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    À tous les Hamza du monde arabe… et d’ailleurs

    L’atrocité de la mort du petit Hamza el-Khatib ne rend pas cet acte barbare moins prévisible dans un pays où le non-droit règne depuis des décennies.
    La seule chose que ce crime confirme, c’est l’incapacité du régime syrien à faire montre d’un visage humain, ne serait-ce qu’en apparence.

    Bien au contraire, la barbarie des forces de répression syriennes ne fait qu’éclater au grand jour, au fur et à mesure que la contestation s’amplifie.
    Certes, l’idée même de contestation en Syrie est devenue, à force de régime baassiste intensif, totalement incongrue, voire absurde.
    Bien plus absurde et incompréhensible pour les caciques du régime de Damas, c’est d’entendre les citoyens syriens réclamer la chute du régime dans les rues.

    « Le peuple veut la chute du régime. »
    Ce leitmotiv est à la fois d’une simplicité effarante et, pour les régimes arabes, d’une modernité perturbante.
    Car en fait de peuple, ce dernier n’a sa place, depuis des décennies, que sur les enseignes pompeuses qui baptisent, à travers les pays arabes, les différents parlements de la région.
    Alors, de là à digérer les revendications du peuple, à les comprendre, et plus encore à les accepter et à les satisfaire…
    « Le peuple veut la chute du régime. » La première partie de la phrase, « le peuple veut », est assez choquante pour les vieux de la vieille garde du régime syrien pour s’arrêter là, et ne pas avoir la force d’écouter la suite de cette revendication presque extraterrestre dans l’abécédaire du Baas.

    La réponse ne s’est pas fait attendre.
    Le peuple en Syrie n’a pas le droit de vouloir quoi que ce soit.
    Alors, depuis le début de la contestation, les forces de l’ordre matent les citoyens aux balles réelles, aux gaz lacrymogènes, peu importe. Mais plus le temps passe, plus le régime perd ses nerfs, s’accroche à la moindre technique de torture d’inspiration communisto-nazi pour se donner l’illusion qu’il contrôle la situation, que rien n’a changé, que tout rentrera dans l’ordre.

    Mais après le petit Hamza, rien ne sera plus jamais comme avant en Syrie. Hamza el-Khatib a payé pour l’ensemble du peuple syrien. Il a payé trop cher, trop tôt. Trop pour son corps frêle, pour son âme innocente d’enfant de 13 ans.
    Mais, fait indéniable, depuis le 25 mai dernier, les Syriens ont trouvé leur Mohammad Bouazizi. Même la France l’a reconnu formellement, et par la voie du Quai d’Orsay, Hamza el-Khatib est devenu le symbole de tous les citoyens torturés en Syrie.

    Alors, si le régime pensait terroriser les Syriens en commettant l’impensable, en s’en prenant à la catégorie la plus impuissante de la société, à savoir les enfants, il s’est lourdement trompé.

    Lélia MEZHER
    L’Orient-Le Jour
    02.06.2011

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