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    L’obésité, un fléau qui gagne du terrain au Liban

    Les spécialistes de la santé tirent une fois de plus la sonnette d’alarme, mettant en garde contre les taux sans cesse croissants de l’obésité au Liban. Celle-ci aurait presque doublé en dix ans, selon une nouvelle étude menée par l’Université américaine de Beyrouth.

     « Mangez, mangez ! Seules les personnes en bonne santé mangent ! » Cet adage longtemps répété par les grands-mères pour pousser les enfants à « mieux se nourrir » ou pour défendre ceux qui d’entre eux affichent un embonpoint ou ont un appétit d’ogre ne trouve plus écho dans la société libanaise actuelle. Et pour cause ! Les spécialistes mettent en garde contre une épidémie d’obésité si les tendances actuelles devaient se poursuivre. Selon une nouvelle étude nationale, la prévalence (nombre des cas de maladies survenues au sein de la population sans distinction entre les anciens et nouveaux cas) de l’obésité aurait doublé en l’espace de dix ans, contre trente dans d’autres régions du monde, selon une recherche publiée récemment par la revue britannique The Lancet, qui précise que ce fléau touche 500 millions d’adultes, davantage les femmes que les hommes.

    Au Liban, l’étude a été menée en 2009 par une équipe de huit personnes conduite par Nahla Hwalla (membre du comité exécutif du Renouveau Démocratique), doyen de la faculté d’agriculture et des sciences alimentaires à l’Université américaine de Beyrouth (AUB), et Abla Sebaï, professeur d’épidémiologie à la faculté de santé publique de l’AUB. L’étude a englobé un échantillon représentatif de la population libanaise incluant plus de 2 000 personnes âgées de 6 ans et plus. Le surpoids et l’obésité ont été établis selon les standards internationaux tant chez les enfants et les adolescents (6-19 ans) que chez les adultes (20 ans et plus) et définis suivant l’IMC (Index de masse corporelle ou BMI-Body Mass Index). Celui-ci est obtenu en divisant le poids de l’individu par sa taille en mètre carré. On parle de surpoids ou de préobésité, lorsque l’IMC est compris entre 25 et 29,9. Sont obèses les personnes dont l’IMC est supérieur ou égal à 30, sachant que les spécialistes distinguent trois classes d’obésité : classe I pour un IMC compris entre 30 et 34,9, classe II ou obésité sévère lorsque l’IMC varie entre 35 et 39,9, et classe III ou obésité morbide lorsque l’IMC est supérieur ou égal à 40.

    Les résultats sont alarmants. L’étude a en fait montré que 65 % de la population adulte libanaise affiche soit une obésité (28,1 %), soit un excès pondéral (36,8 %) contre 54,4 % en 1997 (17,4 % obésité et 37 % excès de poids). Quant aux enfants et adolescents, 32,1 % d’entre eux sont soit obèses (10,9 %), soit affichent un excès de poids (21,2 %).

    Également, d’après cette étude, les garçons de 6 à 9 ans souffrent d’obésité plus que les filles du même âge avec des taux respectifs de 19,5 % et 12,8 % en 2009 contre 11,3 % et 9,8 % en 1997. Idem chez les adolescents de 10 à 19 ans : 14,9 % des garçons et 6 % des filles sont obèses, contre 9,7 % et 3 % en 1997.

    La tendance est légèrement inversée chez les adultes. L’étude montre ainsi que la prévalence de l’obésité est supérieure chez les femmes (28,8 % en 2009 contre 19,3 % en 1997) que chez les hommes (27,4 % en 2009 contre 14,8 % en 1997). Les taux de l’obésité augmentent toutefois avec l’âge, tant chez les hommes que chez les femmes. Les chiffres de 2009 montrent ainsi que 17,4 % des personnes âgées entre 20 et 39 ans, 35,7 % de celles âgées entre 40 et 59 ans et 42,1 % des personnes de plus de 60 ans sont obèses.

    Mieux vaut prévenir…
    Cette étude est d’autant plus alarmante que l’obésité est un facteur de risque important de maladies chroniques, comme le diabète et l’hypertension, les maladies cardio-vasculaires et certaines formes de cancer, notamment le cancer du sein… Autant de maladies qui « constituent d’ailleurs un fardeau pour les gouvernements puisqu’elles gonflent considérablement la facture de la santé dans un pays », fait remarquer Mme Hwalla. « Il est vrai que les chiffres du Liban sont inférieurs à ceux observés dans d’autres pays du Golfe, mais il est nécessaire de développer une stratégie de prévention pour éviter que les taux d’obésité n’atteignent des scores aussi élevés que ceux constatés dans les pays industrialisés et les pays du Golfe, d’autant qu’il est très difficile de traiter l’obésité », poursuit-elle. Pour ce faire, il est important de commencer par éduquer les enfants et les sensibiliser à un mode de vie sain.

    De simples gestes peuvent être adoptés dans ce cadre. Il s’agit, à titre d’exemple, de limiter la consommation de boissons gazeuses chez les enfants, de les inciter à pratiquer une activité physique (bicyclette, jouer…) sans pour autant « augmenter leurs portions alimentaires, surtout s’ils sont prédisposés à gagner du poids ». « La cause majeure de l’obésité infantile reste le manque d’exercices, déplore Mme Hwalla. Or il a été prouvé qu’une activité physique régulière à raison de trente minutes ou d’une heure par jour joue un rôle important dans la maintenance ou la perte du poids. Or, malheureusement, tous les établissements scolaires n’accordent pas une importance à l’activité physique et parfois on va même jusqu’à sacrifier le cours de sport pour compenser un retard dans d’autres matières. Sans oublier que nos enfants sont de plus en plus sédentaires et passent de longues heures devant leurs jeux électroniques. À cela s’ajoute le manque de parcs, d’espaces publics ou de voies aménagées pour la marche ou pour la bicyclette. »

    Et Mme Hwalla de poursuivre : « Notre cuisine méditerranéenne est à la base saine, mais toutes les matières grasses qui y sont rajoutées la rendent trop calorifique. Une étude sur une grande majorité des plats que nous consommons a en fait montré que 32 à 40 % des ingrédients utilisés sont des matières grasses, même pour le simple taboulé ! En effet, on se dit que l’huile d’olive est bénéfique pour la santé, ce qui est absolument vrai, mais ce n’est pas une excuse pour en abuser. Il suffit donc d’opérer quelques changements pour prévenir l’obésité, voire même maigrir. On peut, à titre d’exemple, apprendre à cuisiner sans matières grasses ou avec peu d’huile. Si on est habitué à grignoter, on change la qualité des aliments qu’on mange. On remplace, par exemple, les sucreries, les chips ou autre produit gras ou sucré par des légumes ou par un fruit. Il ne s’agit pas de se priver, puisque la privation engendre une frustration, mais de réduire les quantités consommées. Ainsi, on peut se limiter à une petite portion de chocolat au lieu d’en consommer une tablette… Enfin, il est important de savoir que perdre 10 % de son poids aide à baisser considérablement le risque de développer des maladies liées à l’obésité. »

    Les initiatives personnelles sont indubitablement nécessaires pour prévenir l’obésité, mais lutter efficacement contre ce fléau national nécessite une intervention du gouvernement.

    Nada MERHI
    L’Orient-Le Jour
    08.03.2011

    One response to “L’obésité, un fléau qui gagne du terrain au Liban”

    1. Helene Ayoub says:

      Chere Mme. Nada Merhi,

      je voudrais bien avoir une reference complete de cette etude executee par Dr. Nahla Hwalla, car je voudrais bien utiliser les chiffres figurant dans cet article pour l’execution de mon memoire de Master en Nutrition et Sante Publique.

      Merci beaucoup en avance.

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