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    C’est quoi être du centre, Monsieur Mikati ?

    Monsieur le Premier ministre Mikati,

    Vous venez d’être désigné à la présidence du Conseil des ministres, au prétexte qu’étant « un homme du centre, consensuel et candidat de la modération », vous pourriez « trouver les solutions opportunes à travers le dialogue fondé sur la création d’un climat de confiance et de retrouvailles ».

    La présidence du Conseil étant devenue aujourd’hui un poste déterminant dans les choix cruciaux et l’avenir de notre pays, je crois qu’il est du droit des Libanais de comprendre plus clairement votre position et vos intentions, et plus particulièrement ce qu’être un « homme du centre » veut dire quand les questions qui divisent si profondément les Libanais ne peuvent avoir de juste milieu.

    Parce que je vous avoue que je ne comprends pas du tout.

    Seriez-vous ni pour ni contre les milices armées ? Ni pour ni contre la souveraineté de l’État sur l’ensemble de son territoire ? Ni pour ni contre le pouvoir exclusif et sans partage de l’État en matière de guerre ou de paix ? Ni pour ni contre le positionnement du Liban dans l’axe syro-iranien, donc contre l’ONU et la communauté internationale ? Et surtout : seriez vous ni pour ni contre le Tribunal spécial pour le Liban ?

    Comment allez-vous régler la question du TSL ? Allez-vous tenter (et je dis bien tenter, parce que vous n’y arriverez pas) de saboter ce processus et ôter aux Libanais leur dernière chance d’arrêter le règne de l’impunité sous le faux prétexte des faux témoins, ou allez-vous laisser cette instance travailler en paix pour que justice soit enfin faite ? Parce que, sincèrement, Monsieur Mikati, je ne vois pas de position « centriste » entre ces deux choix ! Et il est de notre droit d’exiger une réponse claire de votre part, avant de mettre le sort de notre pays entre vos mains. Dites-nous, M. Mikati, allez-vous être connu dans l’histoire comme l’instrument utilisé par l’opposition pour nous ramener à l’hégémonie syrienne, au règne de l’impunité, des menaces et de la peur, mal déguisés en démocratie ? Ou allez-vous décider que vos ambitions, vos intérêts personnels ne font pas le poids devant l’avenir de votre pays et peser en toute conscience le pour et le contre de votre nomination ? Le peuple libanais attend, Monsieur Mikati. Et il ne pardonnera pas cette fois.

    Léa BAROUDI
    L’Orient-Le Jour
    26.01.2011

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