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    Lahoudisation !

    L’article de Ziyad MAKHOUL – L’Orient Le Jour

    Les choses sont parfois d’une simplicité désarmante. Et il n’y a pas de hasard(s). Encore moins de coups de dé. Tout est écrit – quelque part. Dans une langue que n’importe qui peut comprendre. Même si ce maktoub en question est souvent très malicieux. Ou alors carrément impitoyable.
    Émile Lahoud avait consacré ses mandats, ses journées, ses énergies à saper l’État, à en pervertir la notion et en souiller l’image – le tout avec une patience qu’un jour les oubliettes de l’histoire finiront bien par lui reconnaître. L’ex-chef de l’État s’était posé en éradicateur ultime du concept… d’État. Bien sûr, il ne concevait pas, il n’en avait aucunement les moyens : le Hezbollah décidait, il exécutait. Une main-d’œuvre tellement pernicieuse qu’aujourd’hui encore la délahoudisation, entamée en mars 2005 (très) lentement et plus ou moins sûrement, reste nécessaire. Urgente. Indispensable même pour la pérennité de la République.
    Le maktoub est effectivement malicieux : il était dit que cette délahoudisation n’aboutira vraiment que s’il y a re-lahoudisation. Que si l’on s’emploie à re-niveler par le haut (de l’arbre généalogique). Peu importe si beaucoup voulaient le voir occuper Baabda pour six ans : Nassib Lahoud est désormais au cœur de l’Exécutif. Cet Exécutif perverti, désincarné par Émile Lahoud, Nassib Lahoud fait en sorte de l’assainir, de lui redonner un lustre, un mordant : son combat pour l’État, son combat pour que le cadre de cet État soit le seul référent envisageable, ne fait que commencer. Et ce n’est pas parce qu’il est férocement inégal, que face à la notion il y a l’arrogance surarmée du privilégié au drapeau jaune, que ce combat-là est obligatoirement voué à l’échec. Même si, en sus des armes, c’est à une sottise sans borne qu’il faut faire face.
    Le maktoub est effectivement impitoyable : il était dit que cette délahoudisation allait être paralysée par un retour sur image, par un (nouveau) passage de témoin, par une régression pure. Par, en fait, rien d’autre qu’une relahoudisation par ex-commandant en chef de l’armée interposé. Michel Aoun, désormais, est plus lahoudien (Émile) que Lahoud, plus exécuteur faire-valoir que jamais : son apologie, hier, de la résistance milicienne, de l’État dans l’État, de la logique de cancérisation de l’État par un arsenal aux mains d’une faction et d’une seule, de la wilayet el-faqih, cette apologie, dans sa monstruosité, dans l’étendue de sa mauvaise foi, était fascinante. Est-ce que tous les généraux anciens patrons de troupe finissent ainsi ?
    Peu importe. Un processus est en marche ; une autre contre-attaque. Tous deux portent le même nom : lahoudisation. Il n’y a, c’est sûr, qu’au Liban que cela se fait. L’un des deux, c’est sûr, l’emportera. Ce qui fera la différence ? La profondeur du lien entre les membres de chaque équipe : sont-ils ensemble par défaut parce qu’ils n’ont pas d’autre choix ou bien parce qu’ils partagent les mêmes valeurs, la même vision du Liban ? Ce qui fera la différence enfin, surtout, sera leur solidarité.

    Ziyad MAKHOUL

    4 responses to “Lahoudisation !”

    1. Rami says:

      ce serait interessant de recevoir Ziyad Makhoul pour un debat a tajaddod

    2. Ayman M. says:

      J’ai contacté Ziyad. On va le recevoir très probablement la semaine prochaine.

    3. N A says:

      Excellent News Ayman !!
      Waiting anxiously for the meeting !!

    4. André Martel-Harfouche says:

      Merci Ayman. J’avoue que les méandres du parcours politique libanais ne cessent de me confondre. A suivre

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