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    Cette planète ne mérite-t-elle pas des décisions radicales pour sauver l’humanité ?

    Le Liban a vécu cet automne les premières conséquences du changement climatique : même sur les montagnes les plus hautes, aucune trace de neige n’était visible jusqu’au début de ce mois de décembre. La pluie s’est fait attendre longtemps. Chaque Libanais constate désormais l’impact des changements climatiques sur le triangle d’or de l’environnement : l’eau, l’air et le sol. Cette nouvelle situation influe sur tous les aspects de la vie quotidienne.

    Le plus tragique, c’est que les négociations mondiales sur le climat font du surplace depuis l’échec du sommet des Nations unies à Copenhague en décembre 2009. Tant et si bien qu’avant le début de ce sommet, le ministre allemand de l’Environnement, Norbert Rotengen, avait lancé un cri d’alarme retentissant, déplorant que les négociations sur le climat soient marquées par un manque total de confiance entre les parties. Il avait assuré que les ministres devraient s’activer, en étroite collaboration avec les négociateurs, afin de s’assurer que Cancún sera une étape décisive dans la lutte collective contre le changement climatique.

    Il faut rappeler qu’à Copenhague, les pays développés s’étaient engagés à payer 30 milliards de dollars d’ici à 2012, en augmentant les paiements de manière progressive jusqu’à atteindre 100 milliards de dollars d’ici à 2020, en faveur des pays en développement. Le plus important, c’est de trouver un mécanisme permettant de s’assurer que ces promesses seront tenues.

    Le sommet de Cancún a entamé ses travaux au Mexique dans un climat de dissensions à tous les niveaux, notamment entre la Chine et les États-Unis, responsables à eux deux de 40 % des émissions mondiales. Force est de constater que ces conflits n’ont plus rien à voir avec l’intérêt pour la vie sur terre, mais concernent plutôt les grands intérêts économiques.

    Quelque 194 pays participent à ce sommet, ainsi que 2 500 représentants de nations et de la société civile. La crainte principale, c’est que se renouvelle l’image de domination d’une vingtaine de pays aux derniers moments, au détriment du reste des nations, en faveur d’un accord non contraignant !

    Le plus désolant, c’est que si le sommet de Cancún ne produit pas un accord contraignant et un mécanisme clair pour définir les responsabilités des pays développés dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la hausse de la température de la terre pourrait atteindre les trois degrés au lieu de deux d’ici à 2050. Il existe un consensus des scientifiques à ce propos, notamment après qu’ils ont constaté que des milliards de mètres cubes de glaciers ont déjà fondu dans l’océan Atlantique.

    La surprise, à Cancún, est venue de la position du Japon, qui a affirmé qu’il ne renouvellerait plus sa participation au protocole de Kyoto, qui contraint une quarantaine de pays à réduire leurs émissions de 5,5 % d’ici à 2012, sous prétexte que les accords devraient être contraignants pour tous les pays. Cette position a provoqué un électrochoc. La prorogation – ou non – du protocole de Kyoto est devenue en soi un tournant dans la lutte contre le changement climatique, comme une sorte de fuite en avant. La Chine a considéré cette prorogation comme une nécessité et comme un message qu’il est important de lancer au monde. De même, tous les pays du Sud insistent pour que Kyoto persiste, parce qu’il s’agit du seul outil légal qui oblige les pays développés à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

    Dans un ouvrage de Kamal Joumblatt, un célèbre scientifique français, Roger Heim, déclare : « La victoire de l’homme, si elle devait avoir lieu, ne doit pas résulter de l’échec ou du succès de ses inventions, ou de sa domination sur tout ce qui a favorisé son apparition sur terre. »

    Les États retiendront-ils la morale de ces paroles visionnaires prononcées il y a plus d’un demi-siècle ? Seront-ils au niveau requis pour sauver cette planète ? Les pays arabes en général, et le Liban en particulier, assumeront-ils leur responsabilité à l’encontre des futures générations et de leur droit à une nature saine ? La responsabilité est grande, et le sort de la planète est en jeu.

    Mahmoud AHMADIEH
    L’Orient-Le Jour
    30.12.2010

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