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    Lettre ouverte au Président de la République pour refonder le vivre-ensemble des Libanais

    250 intellectuels signent une lettre ouverte au Président Michel Sleiman, la veille de la réunion de la conférence de dialogue national

    Monsieur le Président,

    Depuis votre accession à la magistrature suprême, vous avez déployé de louables efforts pour mettre en application ce qui est stipulé dans l’accord de Doha (2008), à savoir l’interdiction du recours aux armes ou à la violence comme moyen de régler des différends, quels qu’ils soient et quelles que soient les circonstances, et la limitation à l’État du pouvoir sécuritaire et militaire exercé sur les Libanais et les résidents, de manière à garantir la pérennité de la formule de coexistence et la paix civile. Vous avez tenu plusieurs réunions du comité de dialogue, en présence des factions qui avaient participé à la conférence de Doha, afin d’aboutir à une stratégie de défense qui mettrait un terme à la dualité au niveau de la force armée. Vous avez fixé au 4 novembre la date de la nouvelle réunion.

    Les prises de position proclamées par le président iranien Ahmadinejad au cours de sa visite au Liban ne laissent planer aucun doute sur le fait que l’arsenal militaire qui est au centre des débats au sein du comité de dialogue n’est pas un arsenal libanais, mais plutôt iranien, tant en ce qui concerne son autorité de référence que sa fonction régionale. Tel est le cas également de l’arsenal palestinien en dehors des camps pour ce qui a trait à ses rapports avec le pouvoir syrien. Le président Ahmadinejad a fixé à cet arsenal militaire, avec l’accord de ceux qui le détiennent, la mission de changer la physionomie de la région. Il s’est permis, en outre, d’inclure le Liban dans le front des résistances armées, sous la conduite de l’Iran. Il a considéré ainsi que le Liban est l’avant-poste de ce front, faisant fi de la souveraineté de notre État et de la volonté de l’écrasante majorité du peuple libanais. Il a de ce fait contredit, quelques petites heures après s’être réuni avec vous, ce qu’il avait entendu de votre part concernant l’attachement du Liban aux résolutions internationales et à l’initiative de paix arabe.

    Vous n’ignorez sans doute pas que, de jour en jour, et après chaque séance de dialogue, les Libanais sont de plus en plus convaincus de l’inutilité du dialogue interne visant à régler le problème des armes illégales. Le problème ne réside pas dans l’impatience manifestée par les Libanais et leur État, d’autant qu’ils ont accordé toutes les chances possibles (pour régler le problème) et qu’ils ont beaucoup enduré, notamment en se retrouvant dans une position embarrassante face à la communauté internationale qui désire aider le pays. Le problème à la base réside dans le fait que la faction armée avec laquelle les négociations sont engagées n’est pas maître de sa décision pour ce qui a trait au sort de son arsenal militaire, même si elle peut l’utiliser comme bon lui semble, plus particulièrement sur le front interne. Par voie de conséquence, il n’est plus nécessaire de tenir de nouvelles réunions du comité de dialogue pour débattre de ce dossier. Ce qui est nécessaire, c’est une décision claire et franche d’appliquer l’accord de Taëf et les résolutions internationales relatives à la souveraineté du Liban.

    Le président Ahmadinejad rejoint ceux qui en Israël s’opposent au projet de paix arabe visant à édifier un État palestinien indépendant. Il n’a pas, pour autant, le droit d’utiliser le Liban pour aider cet obstructionnisme israélien à faire face aux pressions auxquelles il est soumis, prenant ainsi pour prétexte que l’État qui proclame sa détermination à éradiquer Israël se trouve désormais à sa frontière nord. Dans une lettre ouverte adressée au président iranien et publiée dans la presse le jour de son arrivée à Beyrouth, nous avons mis en garde contre l’émergence d’une question chiite au Liban et dans la région, à l’instar de la question d’Orient au début du siècle dernier. Nous avions affirmé que les chiites libanais constituent une composante essentielle de la société libanaise et un partenaire fondamental dans notre patrie définitive. Ils ont d’ailleurs été les premiers à proposer que le caractère pérenne de notre patrie soit mentionné dans le préambule de notre Constitution.

    La visite du président iranien est venue confirmer nos appréhensions car elle a mis en relief, tant au niveau des propos tenus que des allusions ou de son symbolisme, que derrière le clivage politique actuel se profile un clivage d’une autre nature : celui qui se manifeste entre ceux qui font acte d’allégeance au Liban et ceux qui font acte d’allégeance à un autre État. Par voie de conséquence, nous vous appelons à conduire un débat en profondeur auquel seraient associées toutes les composantes libanaises, qu’elles soient politiques, communautaires ou civiles, dans le but de consolider le contrat social stipulé dans le préambule de la Constitution et qui nous impose à tous de refonder notre vivre-ensemble aux conditions de l’État et non pas aux conditions d’une faction politique, d’un groupe communautaire ou d’un État étranger.

    La liste des signataires:

    Mona Fayad (professeur d’université, membre du Renouveau Démocratique), Ibrahim Salibi (étudiant), Ahmad Ayache (journaliste), Ahmad Youssef (enseignant), Adriana Lebbos (écrivain), Eddy Gebran (étudiant), Eddy Matta (militant), Adib Farha (homme d’affaires-États-Unis), Ariel Mouraccadeh (gestionnaire), Ismaïl Charafeddine (travailleur social), Akram Badaoui (patron), Alex Hrikeopoulos (économiste), Élias Bejjani (militant-Canada), Élias Atallah (ancien député), Élias Moukheiber (avocat), Aline Karim (journaliste), Émile Bouchkangy (gestionnaire), Émile Najm (médecin), André Dagher Moussallem, Antoine Courban (médecin et professeur d’université), Anthony Bakhache (étudiant), Élie el-Hage (journaliste), Élia Bechara (étudiant), Élie Azar (étudiant), Élie Moubarak (étudiant), Élie Chamoun, Ayman Abou Chakra (journaliste), Ayman Charouf (journaliste), Badia Fahs (journaliste), Pamela Nohra Maalouf (chercheuse), Berry el-Assaad (médecin), Bassam Abou Karroum (profession libérale), Ayman Jezzini (journaliste), Bassam Jerjes (profession libérale), Bassam Zankar (militant), Bilal Khbeiz (journaliste), Bahjat Rizk (écrivain et chercheur), Paul Mourani (économiste), Pierre Ayoub (ingénieur), Pierre Bared (écrivain et photographe), Pierre Akl (journaliste-France), Pierre Yazbeck (gestionnaire), Toufic Ghanem (ingénieur), Jad Akhawi (journaliste), Jad Ghorayeb (architecte), Jean Badih Harb (avocat), Jean de Freige (homme d’affaires), Jabbour Douayhi (écrivain et professeur d’université), Justine Telvezian (gestionnaire), Jihad Haddad (ingénieur), Jihad Farah (ingénieur), Jawad el-Achkar (profession libérale), Joe Faddoul (économiste), Joëlle Kozaily (journaliste), Georges Joujou, Georges Chidiac (patron), Georges Chidiac (photographe), Georges Maalouf (ingénieur), Georges Moawad (homme d’affaires), Georges Melhem (consultant), Georges Moussa (employé), Joseph Rahmé (patron), Joseph Makhlouf (patron), Joseph Moussa (patron), Joumana Nasr (journaliste), Johnny Saikaly (gestionnaire, à l’étranger), Houssam Jerjes (médecin), Houssam Alameddine (journaliste), Hassan Qotb (chercheur académique), Hassan Bzeih (travailleur social), Hussein el-Wajeh (journaliste), Hussein Kassem (enseignant), Hikmat el-Eid (avocat), Hanine Ghadar (journaliste), Khaled Abou Chacra (journaliste), Khouloud Abou Khouzam (enseignante), Danielle Jerjes (journaliste), Danny Chalhoub (gestionnaire), Dina Lteif (militante), Raymond Zreibeh (gestionnaire), Rouba Kabbarah (journaliste), Raja Noujaim (militant), Ramzi Halabi (profession libérale), Randa Kassem (militante), Robert Noujaim (industriel), Roger Azzam (écrivain et chercheur politique), Roland Abi Saab (comptable), Roy Haddad (homme d’affaires), Raya Homsi (gestionnaire), Rim Itani (femme d’affaires-Canada), Raymond Maalouf (ingénieur), Zayda Kaaki (militante), Ziyad Makhoul (journaliste), Zeina Nejmieh (militante), Sabine Abi Farah (consultante), Samer Ayache (ingénieur), Samer Kadri (militant-Canada), Samer Nehmé (publicitaire), Sami Mokaddam (profession libérale), Sami Chamoun (avocat), Samia Baroudi (militante), Stéphanie Zouki (étudiante), Saad Kiwan (journaliste), Saadé Noujaim (professeur), Saïd Choufani (capitaine), Siham Lebbos (enseignante), Salim Mouzannar (commerçant), Samir Frangié (ancien député), Sana’ el-Jaq (journaliste), Sunniye Kabbani (journaliste), Siham el-Khazen (militante), Suzie Hrikiopoulos (consultante), Charles Jabbour (journaliste), Charles Saad (gestionnaire-émigration), Charbel Lawandos (gestionnaire), Charbel Mrad (gestionnaire), Chafic Gebara (assurances), Chafic Saadé (étudiant), Chawki Zeid (profession libérale), Chawki Azouri (médecin), Charbel Touma (étudiant), Charbel Abdallah, Sabah Farès (enseignant), Salah Takieddine (journaliste), Tony Abou Assli (ingénieur), Tony Khawaja (militant), Tony Habib (ingénieur), Tony Zeylaa (étudiant), Tony Matta (médecin), Amer Chibani (journaliste), Abdallah Haddad (banquier-France), Abdelsalam Moussa (journaliste), Abdo Chakhtoura (journaliste), Aziz Karam (syndicaliste), Ali Halawi (journaliste-Canada), Ali Haidar Cheaib (professeur-Canada), Imad Moussa (journaliste), Omar Harkouss (journaliste), Ghada Kallas (patron), Ghalia Fayad, Ghanem Zebian (traducteur), Ghassan Maknieh (gestionnaire), Gloria Ayoub el-Khazen (militante), Fabiola Abdo (employée), Fady Bustros (consultant administratif), Fady Antar (médecin), Farès Souhaid (ancien député), Fathi el-Yafi (chercheur-France), Firas Charouf (gestionnaire-émigration), Fawzi Sakr (étudiant), Vicky Aouad (commerçante), Philippe Seaid (médecin), Philippe Melhem (étudiant), Garo Akavian (joaillier), Carole Noujaim (militante), Christine Labaki (militante), Kamal el-Batal (ingénieur), Kamal el-Zouki (militant), Kamal Richa (journaliste), Costa Madidji (ingénieur et professeur), Colette Touma (enseignante), Lamiss Farhat (journaliste), Lorisse el-Murr, Léa Baroudi (consultante), Lina Akavian (consultante), Lina Saleh (journaliste), Leon Telvezian (ingénieur), Marc Haddad (assurances), Marie-Christine Moujabber, Mario Youssef (gestionnaire), Malek Hari’a (étudiant), Mohammad el-Amine (militant), Mohammad el-Chami (journaliste), Mohammad Harfouche (journaliste), Mohammad Hussein Chamseddine (écrivain et chercheur), Mohammad Hamdane (journaliste), Mohammad Matar (avocat), Mohammad Nemr (journaliste), Mohieddine Jouweidi (avocat), Martha Zarazir (gestionnaire), Marwan Abou Fadel (ingénieur en informatique), Marwan el-Amine, Massoud Mohammad (écrivain politique), Moustapha Fahs (journaliste), Menhem Zebian (professions libérales), Mounia Tabet (enseignante), Mayyad Haidar (avocat), Michel Touma (journaliste), Michel Hajji Georgiou (journaliste), Michel Hari’a (étudiant), Michel Zeyno (étudiant), Michel Lyan (ancien bâtonnier), Michel Mecattaf (militant), Michel Sawma (étudiant), Michel Youssef el-Khoury (avocat), Milad Sassine (commerçant), Neyla de Freige (journaliste), Nabil Hussein Agha (chercheur), Nabil Kharrat (médecin), Nagib Zouein (militant), Nada Abou Fadel, Nadim Abdel Samad (homme politique), Nadim Zoghby (étudiant), Nadim Koteich (journaliste), Nizar Khoury (étudiant), Nasr Farah (président de conseil municipal), Nassir el-Assaad (journaliste), Nahla Zebian (profession libérale), Nawal Nasr (journaliste), Nicole Fayad (consultante), Nicole Hamouche, Hadi el-Amine (chercheur-Grande-Bretagne), Hiba Abou Chacra (sociologue), Hiba Sami Chamoun (étudiante), Hoda Abou Chacra (journaliste), Hoda Kallas (militante), Hicham Abou Khouzam (poète), Hana’ Hamza (journaliste), Hanadi Najm (militante), Hanadi Chami (journaliste), Hind Darwish (journaliste), Hilda Assal (gestionnaire), Walid Haddad (médecin), Walid Soubra (gestionnaire-émigration), Wissam el-Amine (journaliste), Wissam Saadé (écrivain et journaliste), Yousra Chamoun (militante), Youssef el-Zein (homme d’affaires), Youssef el-Murr (étudiant), Youssef Bazzi (journaliste), Youssef Abboud (étudiant). 

    L’Orient-Le Jour
    03.11.2010

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