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    Ali Chami fait languir des dizaines de diplomates de carrière pour caser des « privilégiés »

    Ali Chami, ministre des Affaires étrangères. On en vient à regretter Faouzi Salloukh.

    Le pourrissement politique auquel on assiste accentue un peu plus, chaque jour, l’impatience, voire la colère, d’un certain nombre de diplomates de carrière qui attendent leur promotion de la troisième à la deuxième catégorie, soit du poste de secrétaire à celui de conseiller.

    L’inquiétude grandit au palais Bustros, du fait que le ministre des Affaires étrangères, Ali Chami, vient d’annoncer en privé à des diplomates qu’il n’y aura pas de nouvelles affectations, promotions ou permutations avant début 2011, alors même que ce mouvement était promis pour le début de l’été.

    Le retard s’explique surtout par le fait que le ministre insiste pour placer sur un même pied d’égalité des diplomates de carrière entrés par concours au palais Bustros et 19 secrétaires venus du ministère des Émigrés, avant sa fusion avec celui des Affaires étrangères, et bénéficiant d’appuis politiques bien définis. La promotion de ces secrétaires au rang de conseiller se fait, en outre, contre l’avis du Conseil de la Fonction publique, qui a fait valoir que les années de service au ministère des AE sont comptabilisées différemment de la manière dont elles le sont dans les autres administrations.

    Pour faciliter le travail du ministre, certains diplomates lui ont proposé de promouvoir au moins les diplomates devant passer du stade de conseiller à celui d’ambassadeur, ce qui pourvoirait un nombre grandissant de postes vacants. Même refus obstiné du ministre, auquel on prête l’intention d’élargir le cadre des AE pour pouvoir caser tous les « privilégiés ».

    Las d’attendre, nombre de conseillers et d’ambassadeurs tentent de décrocher des ordres de mission temporaires, historie d’arrondir leurs fins de mois. Mais même dans ce domaine, le clientélisme joue à fond, avec pour toile de fond les allégeances confessionnelles. Beaucoup de diplomates se voient ainsi empêchés d’avoir accès à des messages importants, ou de rencontrer des délégations étrangères ou encore des ambassadeurs accrédités, par l’équipe entourant le ministre, parmi lesquels se trouvent des fonctionnaires hors cadre n’ayant pas prêté le serment de confidentialité de rigueur.

    Et les ambassadeurs, unanimes, de dénoncer la dégradation de la situation aux Affaires étrangères, du fait de la généralisation de la « langue de bois », alors même que d’excellents diplomates languissent et attendent depuis des années l’occasion de donner le meilleur d’eux-mêmes, au service de leur patrie.

    Khalil FLEYHANE
    L’Orient-Le Jour
    04.10.2010

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