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    Nadine Begdache ou l’art de l’engagement!

    Portrait de Nadine Begdache, membre du Renouveau Démocratique, dans L’Orient-Le Jour. Une grande dame de la scène culturelle libanaise.

    Nadine Begdache, galeriste, membre du Renouveau Démocratique

    C’est l’une des plus dynamiques galeristes de la place. Engagée dans tous les combats pour l’art et les artistes, Nadine Begdache est bien la digne fille de sa mère.

    Une enfance nourrie de spectacles, de concerts, d’expositions, de nombreux voyages avec ses parents, ça vous enrichit une personnalité. Et vous donne le goût de l’art, des contacts et des autres. De plus, ayant grandi entourée d’artistes, d’architectes, de peintres, de poètes qui, tous, gravitaient dans son environnement familial, il était normal que Nadine Begdache, fille unique de Janine Rubeiz à la tête de Dar al-Fan, et de l’architecte Nadim Majdalani, qui a longtemps été l’associé du célèbre Jean Royère, s’oriente vers le domaine artistique et culturel.
    Certes, son nom est inextricablement lié à celui de sa mère Janine Rubeiz, fondatrice dans les années 60 de ce temple de la culture qu’était Dar el-Fan. Un lieu de conférences, de débats, d’échanges, mais aussi de concerts et d’expositions où se retrouvait l’intelligentsia beyrouthine. Jusqu’en 1976 lorsque, pour les raisons que l’on connaît, Janine Rubeiz dut mettre la clé sous la porte et se replier vers son appartement de Raouché, où elle aménagea un espace d’exposition. C’est ainsi que naquit – officieusement – la galerie Janine Rubeiz. Et que débuta la collaboration mère-fille.
    Alors que Nadine Begdache, à l’époque, tout juste diplômée en psychologie et jeune mère de famille, se contentait de «suivre de loin les activités de Dar el-Fan», lors de l’installation de la galerie dans l’immeuble familial, elle va s’y impliquer totalement et aider sa mère «dans ses accrochages, les mailing lists, la comptabilité…». Tout en poursuivant, par ailleurs, ses nombreuses autres activités professionnelles.
    Car Nadine Begdache a exercé plus d’un métier avant de se reconvertir en galeriste. « J’ai été directrice d’une usine d’eau minérale, professeur à Louise Wegmann, collaboratrice de Mme Hraoui pendant trois ans, jusqu’en 1992.» Cette même année, Janine Rubeiz décède. Sa fille lâche tous ses autres engagements pour se consacrer à «perpétuer le nom de Janine Rubeiz. Pas parce qu’elle était ma mère, assure-t-elle. Mais parce qu’avec Dar el-Fan elle a initié un tournant important dans la vie politique et artistique libanaise».
    En 1993, elle lance officiellement la galerie Janine Rubeiz, toujours dans l’appartement de cette dernière, avec un premier accrochage consacré à six peintres amis de sa mère: Shafic Abboud, Yvette Achkar, Amine el-Bacha, Halim Jurdak, Jamil Molaeb, Aref Rayess.

    La promotion de jeunes talents
    Cette exposition hommage réalisée, Nadine Begdache se sentira libre d’imprimer sa marque personnelle à la galerie. À savoir la promotion des jeunes talents. «Dès le départ, explique la galeriste, j’ai voulu trouver de jeunes artistes pour les aider à se lancer.» Ainsi, tout en continuant à collaborer avec des artistes établis de la place, comme Élie Kanaan ou ceux précédemment cités, ainsi qu’avec des internationaux, à l’instar d’Antonio Ségui, elle donnera la priorité de ses cimaises aux jeunes. Parmi ses découvertes, on peut citer: Hannibal Srouji, Bassam Jeitani, Charles Khoury, Joseph Harb, Joanna Rizk, Mansour el-Habr, François Sargologo, Joseph Chahfé… Des artistes «intellectuels» chez qui elle apprécie autant «les qualités humaines, dit-elle, que la recherche, la réflexion qui sous-tend leur travail».
    Défendre l’idée que «la jeune peinture libanaise est aussi valable que la peinture occidentale – surtout à une période où le snobisme faisait qu’on n’achetait plus d’artistes libanais – et que cette peinture deviendra, elle aussi, grande un jour» fut en quelque sorte le premier combat artistique de cette femme engagée. Dans cet objectif, elle enverra même des pétitions demandant que l’on accroche dans les ambassades du Liban à l’étranger des œuvres libanaises !

    Une dynamique nouvelle
    On l’aura deviné, si la dame a la fibre artistique, elle a également, et surtout, celle de l’action militante. En effet, Nadine Begdache n’hésite pas à prendre fait et cause pour ses artistes, dénonçant l’absence d’intérêt et d’aide de l’État envers cette corporation. Mais également se battant par tous les moyens pour essayer de dynamiser la scène artistique libanaise, stimuler les échanges, faire bouger les choses pour que le Liban ne soit pas, dans ce domaine, à la traîne des pays de la région.
    Parmi ses combats: la mise en place d’une «dynamique nouvelle pour motiver le public libanais à acheter de l’art local», comme c’est le cas de nombreux collectionneurs à l’étranger qui achètent, eux, des œuvres libanaises», souligne-t-elle.
    «Malheureusement tous nos efforts dans ce sens sont contrés par l’inadéquation des lois en vigueur, notamment les lois douanières», relève la galeriste.
    Et de rappeler que «si la concurrence arabe est aujourd’hui très forte, c’est parce qu’elle est très soutenue. Nous, nous n’avons pas de soutien, et de plus nous ne bénéficions pas de la libre circulation des œuvres d’art», s’insurge Nadine Begdache. Laquelle, avec la précision qu’on lui connaît (il faut voir les dossiers de presse qu’elle prépare pour chaque exposition!) signale que «si la douane est toujours payée à l’avance, alors qu’elle devrait être payée à la vente, il existe une seule exception pour les expositions dites de prestige, c’est-à-dire sans vente, avec l’intégralité des œuvres retournées au pays d’origine». Ce qui est bien entendu loin de résoudre le problème. Auquel la galeriste s’est bien évidemment attaquée en frappant aux portes des ministères concernés. Dans l’espoir d’une solution positive… qui se fait attendre !
    Autre projet en cours pour cette femme qui cherche toujours à aller de l’avant : l’inauguration de sa nouvelle salle d’exposition. Toujours à la même adresse, dans l’immeuble familial à Raouché, mais au rez-de-chaussée. L’espace sera différent, avec un plafond partiellement en verrière, un aménagement signé Karim Begdache (son fils, architecte) et un lancement à la mi-novembre avec trois sculptures monumentales de Mireille Honein sur le thème des Métamorphoses d’Ovide. Des métamorphoses contemporaines inspirées de l’art antique pour célébrer la métamorphose d’un espace qui reste néanmoins fidèle à son histoire !

    Signataire mais non adhérent
    Gros souci relevé par Nadine Begdache: la non-application de la loi sur la libre circulation des œuvres d’art, que le Liban a pourtant signée lors de l’accord de l’Unesco à Beyrouth, en 1948 (amendée en 1950 par l’accord de Florence puis en 1967 par l’accord de Nairobi), mais à laquelle il n’a toujours pas donné son adhésion contrairement à tous les autres pays de la région (Syrie, Jordanie, Libye, Iran, Irak, Émirats, etc.). Pourquoi cette négligence? La question mérite d’être posée!

     Zéna ZALZAL
    L’Orient-Le Jour
    02.10.2010

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