• Home
  • About Us
  • Events
  • Blogging Renewal
  • In the Media
  • Tajaddod Press Room
  • The Library
  •  

    La sauvegarde du patrimoine paraît secondaire aux yeux de l’État

    Les rumeurs selon lesquelles le gouvernement français souhaiterait vendre la résidence d’été de l’ambassade à Sofar se sont matérialisées (selon la revue Challenge, cette propriété a été vendue pour 8,5 millions d’euros). Le cri d’alarme pour préserver cette surface de 37 000 mètres carrés que j’avais lancé en septembre 2009 dans L’Orient-Le Jour n’a trouvé aucun écho auprès des responsables. J’avais proposé qu’elle soit transformée en annexe à la présidence de la République et/ou en résidence des hôtes du Liban lors de leurs visites (dans tous les cas, les hôtes coûtent à l’État libanais des sommes considérables pour leur hébergement dans les grands hôtels). Par ailleurs, le parc, qui comporte des cèdres centenaires et une source datant de l’époque des Ottomans, aurait pu être aménagé et ouvert au public. Cette surface verte aurait pu être préservée pour toujours. Malheureusement, rien n’a été fait.
    La sauvegarde du patrimoine est un problème crucial qui, apparemment, paraît secondaire aux yeux de l’État. Le Liban est parmi les pays qui délaissent leur patrimoine alors que tous les autres pays le préservent et en tirent aussi bien fierté que bénéfice. Rien qu’à regarder autour de nous, la Syrie réhabilite son patrimoine architectural, principalement à Damas ; la Jordanie préserve comme la prunelle de ses yeux ses hauts lieux culturel (Petra, Jerash, Oum Kaïss, el-Karak, etc.). Ne parlons pas de l’Égypte où le département des antiquités est des plus efficaces et où les efforts sont colossaux pour continuer les fouilles et livrer au monde les secrets de cette civilisation antique passionnante.
    Que fait le Liban dans ce secteur? Où se situe la Direction générale des antiquités et quels sont ses moyens ? Qu’en est-il de la préservation des sites et de leur mise en valeur ? Où est le programme des fouilles ? Où est la mise en valeur de tout ce patrimoine, qui n’a rien à envier à celui de ses voisins ? Où est notre fierté nationale, qui devrait mettre en avant notre histoire, l’une des plus riches du monde et une richesse potentielle aussi importante que le gaz naturel dans les profondeurs abyssales de la Méditerranée ? Ou bien il y a des choses qui se font, ou bien nous sommes mal informés.
    Beyrouth ne devrait pas seulement être la ville des boîtes de nuit ; elle est aussi Béryte de la première école de droit, Byblos (qui fait beaucoup d’efforts) du premier alphabet, Tyr et Sidon les plus grandes villes commerçante de l’Antiquité (mais qui sont un peu à la dérive)… Ne peut-on pas broder un peu plus sur ces thèmes, et en faire un grand pèlerinage historique et culturel ? Ne pouvons-nous pas élargir les fouilles, les préserver et les mettre en valeur au lieu de les enterrer de nouveau comme cela s’est fait à Beyrouth, quand on ne les ignore pas complètement ? Notre capitale devient de plus en plus une Miami de la Méditerranée au lieu d’être une Rome de la rive Est de cette mer qui a façonné l’histoire.
    Par ailleurs, puisqu’on parle de patrimoine et de culture, je reviens encore une fois à la charge : pourquoi ne pas avoir une salle de spectacle polyvalente, subventionnée, pour la musique, le théâtre, l’opéra, au milieu de Beyrouth pour attirer les amoureux de la culture (à l’instar des amoureux de la vie nocturne), tout en encourageant nos talentueux concitoyens qui ne trouvent pas les moyens d’exposer leurs talents et qui nous désertent.
    Oui toujours pourquoi ? Nous continuerons à pousser pour que notre culture soit mise à l’honneur et qu’on connaisse le Liban, aussi et surtout, à travers ses talents.

    Joseph ZOGHBI
    L’Orient-Le Jour
    13.07.2010

    Leave a Reply