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    Cigarette : un débat qui ne devrait pas avoir lieu

    Depuis quelques semaines, on assiste au Liban à un débat politico-médico-écosocial sur l’utilité d’interdire de fumer dans les lieux publics. 
    Les politiciens veulent plaire à tout le monde et recherchent des solutions de compromis, des solutions qui arrangent tout le monde. Malheureusement, ils se trompent : il n’y a pas de compromis à faire quand on parle de la santé des gens. La santé, c’est ce qu’on a de plus cher (parole de médecin). On peut tout perdre et recommencer de zéro sauf quand on perd notre santé. Avoir un cancer des poumons, du larynx, de la vessie ou un infarctus à cause de la cigarette, c’est irréversible.

    La décision du ministre des Affaires sociales, M. Sélim Sayegh, d’interdire de fumer dans son ministère est louable et mérite d’être suivie par tous les départements officiels.
    Les médecins et les groupes de volontaires antitabac connaissent très bien les méfaits de la cigarette, mais restent impuissants devant le lobby du tabac. Ils essayent d’entreprendre quelques actions ponctuelles à travers leurs sociétés scientifiques ou les universités, mais sans franchement rencontrer beaucoup de succès.
    Les firmes géantes qui commercialisent les cigarettes cherchent avant tout leur intérêt économique. En pensant que le fait d’interdire les cigarettes dans les endroits publics va réduire leurs chiffres d’affaires, elles se trompent. Malheureusement. Interdire la cigarette dans les lieux publics ne va pas réduire le nombre de consommateurs, le fumeur va continuer à fumer, mais à l’extérieur, ce qui préservera la santé des  non-fumeurs qui se trouvent dans ces endroits fermés. Cela a déjà été clairement établi en Europe. À ce propos, je suis fortement étonné par la déclaration de M. Robert Ghanem, qui proclame qu’on ne peut pas appliquer la loi européenne antitabac au Liban. C’est vraiment navrant. La santé des Libanais est-elle moins importante que la santé des Européens ? Ou bien vaut-il mieux laisser ce fléau, le narguilé, se propager chez notre jeunesse, avec toutes les conséquences à venir sur la santé publique, au nom d’un certain tourisme nocturne à préserver ? Pourquoi ces touristes, arabes ou européens, acceptent-ils de ne pas fumer dans les restaurants de leurs pays et refuseront-ils de le faire chez nous ?

    À propos des restaurants, l’attitude du syndicat des restaurateurs est très souple et ouverte. Je voudrais rappeler aux restaurateurs qu’ils seront les premiers atteints ainsi que leurs serveurs qui travaillent jour et nuit pour gagner leur vie et continuer leurs études universitaires. Aller dans un restaurant un samedi soir relève de l’exploit. On risque d’étouffer sur place ou de rentrer aphone, avec à la clé une bronchite le lendemain, si ce n’est une sévère pneumonie.
    Le nombre de malades atteints de cancer pulmonaire ou de maladie cardio-vasculaire ne cesse d’augmenter au Liban d’après tous les registres des sociétés d’oncologie, de pneumologie et de cardiologie. Le coût moral, social et de santé publique est énorme et dépasse de loin les bénéfices récoltés par un faible nombre de commerçants.

    Les solutions proposées actuellement, à savoir, créer des zones fumeurs et des zones non-fumeurs, ou interdire graduellement sur une période de deux ans, ne sont que de fausses solutions. La seule solution consiste en l’interdiction de fumer dans tous les endroits publics, y compris les restaurants. On peut, bien sûr, octroyer des permis à des restaurants réservés à des fumeurs de cigarettes, de cigare ou de narguilé, avec un personnel volontaire à qui on aura expliqué les risques de travailler dans un tel environnement. C’est leur droit de fumer. Il faut le respecter. Mais il faudrait qu’ils respectent le droit des autres à ne pas subir leur fumée.

    Messieurs les ministres de la Santé, de l’Intérieur, du Tourisme et des Affaires sociales, ce dossier est entre vos mains. Prenez la décision courageuse qui s’impose pour sauver la santé de nos citoyens.

    Elie CHAMMAS
    L’Orient-Le Jour
    07.04.2010

    One response to “Cigarette : un débat qui ne devrait pas avoir lieu”

    1. […] This post was mentioned on Twitter by May Abi Samra, Tajaddod Youth . Tajaddod Youth said: Le président de la Société libanaise de cardiologie s'exprime sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics http://bit.ly/a6Y39J […]

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