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    Le regret de Jamil Sayyed

    « Je regrette de ne pas avoir fait certaines choses, comme un coup d’État pour changer la classe politique confessionnelle. J’y ai d’ailleurs pensé à plusieurs occasions, mais je ne voulais pas faire couler du sang. Plus tard, j’ai réalisé qu’un coup d’État aurait moins fait couler de sang que cette classe par son comportement dans le passé, actuellement et sûrement à l’avenir. » C’est ce que Jamil Sayyed, ancien directeur général de la Sûreté Générale a affirmé à Scarlett Haddad dans un entretien publié le 28 avril 2010 dans L’Orient-Le Jour.

    La plupart des Libanais n’avaient pas besoin d’une telle annonce pour savoir l’attachement de Sayyed aux valeurs démocratiques, aux libertés publiques et aux principes constitutionnels. Mais ils ne savaient peut-être pas que cet homme, symbole des pires épisodes de la tutelle syrienne et de l’emprise des services de renseignement sur la vie politique, avait un tel culot. Jamil Sayyed va même jusqu’à reconnaître qu’il a – à plusieurs occasions même – pensé organiser un putsch.

    Quels que soient les revirements politiques survenus depuis 2005, les déroutes que le camp souverainiste a connues, les erreurs dramatiques commises par ceux qui affirment représenter le 14 mars 2005, les nouvelles réalités politiques imposées par le 7 mai 2008 et par les réconciliations régionales… il y a un exploit que l’Intifada de l’Indépendance a accompli, un exploit inestimable, salvateur: celui d’avoir écarter un homme tel que Jamil Sayyed du Saint des saints de la sécurité libanaise.

    Depuis l’éviction de cet homme, une grande partie des libertés publiques et personnelles a été recouvrée. Elles restent menacées au quotidien par ceux qui tentent d’imposer de nouveaux tabous et de nouvelles “constantes nationales” ; mais elles sont résistantes, résilientes. C’est là le plus grand succès du 14 Mars. S’il ne devait rester qu’une bataille à conduire, c’est celle des libertés publiques, contre ce Jamil Sayyed et tous les autres qui émergeront.

    Allonger la liste des regrets de Jamil Sayyed est un combat de tous les jours; le plus noble des combats. 

    2 responses to “Le regret de Jamil Sayyed”

    1. Rami Kiwan says:

      A mon avis, l’unique apport de ce que l’on appelle l’Intifada de l’indépendance se limitait à la marge de liberté réalisée pendant les dernières années.
      Telles déclarations le confriment bien de nouveau.

    2. Fadi says:

      M. Sayyed a déjà fait au moins 2 coups d’Etat : le premier contre la démocratie le 7 août 2001 et le second contre la liberté d’expression le 9 août 2001. La justice s’établira tôt ou tard dans notre pays M. Sayyed.

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